La journée du vendredi 11 décembre n’aura pas été une journée historique pour le climat. Et, pour cause, des négociations qui se sont éternisées au Bourget entre les 195 pays participants. Dans la foulée, le chef de la diplomatie française et président de la COP21, Laurent Fabius, s'est voulu rassurant : « Toutes les conditions sont réunies pour obtenir un accord universel ambitieux » à l'issue de la conférence de Paris sur le climat.
Un courriel nous est parvenu aujourd’hui, initialement transmis le 9 décembre au secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), et dans lequel le ministre de l’Environnement, Dominique Pierre, notifie le président de la COP21 du soutien d’Haïti à la position de AOSIS (Alliance of Small Island States), de G77 - Chine quant au niveau d’ambition d’un futur accord qui permettra de contenir la hausse moyenne de la température globale à 1,5 degré Celsius par rapport au niveau préindustriel.
« Monsieur le Président, quasiment tous les ans, mon pays, Haïti, est affecté par les effets désastreux des changements climatiques. Une action urgente est tout indiquée. Tout retard hypothéquerait pour de bon l’existence de mon pays qui jadis était considéré comme la perle des Antilles », a déclaré le ministre Pierre dans cette correspondance adressée à Laurent Fabius.
« Ce seuil constitue la ligne rouge à ne pas dépasser pour garantir la survie des petits États insulaires en développement. Les pertes et dommages doivent être une préoccupation incontournable dans le prochain accord », a ensuite ajouté le chef de la délégation haïtienne.
Entre-temps, la Chine et l'Inde, respectivement premier et quatrième pays émetteurs de gaz à effet de serre dans le monde, souhaitent que le principe de responsabilité soit différencié entre pays développés, responsables historiques des émissions polluantes et disposant de davantage de moyens pour y faire face, et pays en développement.
Pour sa part, Greenpeace, une organisation non gouvernementale internationale (ONGI) de protection de l’environnement présente dans plus de quarante pays à travers le monde, est montée au créneau pour dénoncer le nouveau projet d'accord. Martin Kaiser de Greenpeace a ainsi déclaré qu’ « actuellement, nous sommes témoins d'un affichage de l'impuissance internationale […] À l'heure actuelle, si vous aviez l'intention d'investir dans une nouvelle mine de charbon, cet accord ne pourrait même pas être suffisant pour vous dissuader. Les négociateurs ont obtenu vingt-quatre heures pour changer ce simple fait ».
Greenpeace qui, par la suite, a envoyé 80 personnes sur la place de l'Étoile, pour lancer un appel au président de la République, question de lui rappeler « l'urgence d'avancer la transition énergétique en France et de passer aux énergies renouvelables ». Les forces de l'ordre ont procédé à l’interpellation d’une vingtaine de militants.
Envoyé spécial à Paris
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