Chandail gris, jean délavé, snickers, TMD est assis tranquillement sur le balcon du restaurant la Réserve, m’attendant pour l’entrevue. 26 ans, sourcil percé, dents blanches et yeux vifs, la dernière recrue de T-Joe peut vite devenir le chouchou des femmes. Il rit à gorge déployée quand je le lui dis. « Tu penses ? Ce serait cool ça ! », avance t-il dans un accent québécois. Michel Dulix est entouré d’une famille de musiciens. Son père a joué du keyboard au sein de Digital Xpress aux côtés de Raoul Denis junior. David Dupoux est aussi son cousin. « Mon père est un touche à tout, donc on avait des instruments à la maison et j’avais l’habitude de m’asseoir sur ses jambes pour jouer avec lui et le premier accord que j’ai su placer, c’est David qui me l’a appris. La musique coule dans mes veines. Je ne peux pas passer une journée sans produire ni faire de la musique. J’en deviendrais malade ». Son plus gros hit, « Kite m ba ou love » quand il était dans Frap La avec Power Surge, est jusqu’à présent très demandé. À 12 ans, il compose son premier beat sur « FL Studio », un logiciel que le producteur utilise jusqu’à présent et que son ami Emmanuel Bailly lui a fait découvrir. « Je trouvais ça super cool que je pouvais composer notre propre musique. À cette époque, c’était Konpa Kreyòl, Djakout #1, Kriz. Je faisais beaucoup de remix. La première chanson que j’ai écrite c’était pour ma petite amie de l’époque, qui s’intitulait ‘‘Pour toi Coralie’’. » Quand il émigre au Canada pour terminer son cycle secondaire et faire ses études supérieures, il intègre du coup Enposib avec Medjy Toussaint et y joue du gong. Revenu définitivement en décembre 2013 pour le projet Frap La, TMD repart sept mois plus tard pour Montréal pour des raisons personnelles. « J’ai dû repartir pour finaliser certaines choses mais ceci n’avait aucun rapport avec Frap La. J’adore les gars au contraire, ils sont restés des amis et on avait eu le temps de travailler sur plein de musiques ensemble », raconte un Ti Michel ouvert, amical et très courtois. T-Joe l'a flairé l’année dernière alors qu’il travaillait l’album Invictus chez David Dupoux. « J’étais là comme par hasard et puis j’improvisais sur un beat et c’est devenu l’un des couplets de ‘’Turn me on’’, la musique que j’ai produite sur l’album. T-Joe m’a dit sa a bon wi et il a vu que j’avais un potentiel. Je lui ai aussi montré la vidéo de Kite m ba ou love qui n’était pas encore sortie à l’époque et il était bien impressionné. Quand je suis repartie pour Montréal, il m’a contacté et m’a demandé de travailler sur une musique pour lui. Et c’était devenu un défi pour moi. Après plusieurs drafts de chansons différentes qu’il avait rejetés, j’ai envoyé ‘’Turn me on’’ et il a aimé. On a fait des ajustements après au moins 12 versions différentes, on a trouvé celle qui nous plaisait et on s’est arrêtés là-dessus », relate TMD, le sourire aux lèvres. Ti Michel a tout pour être le prochain bad boy du HMI. Ne vous fiez pas à son look enfantin. Ce rebelle qui admire l’intelligence de Pablo Escobar, la sagesse de Bob Marley ou la ténacité de Kako, n’est pas un simple artiste. « Je prends ce que je fais très au sérieux. J’adore les défis. J’ai appris aussi à ne plus dire jamais. Parce qu’à chaque fois je me retrouve à faire des choses dans lesquelles je ne m’étais jamais imaginé », avoue celui qui évolue en tant que « back up singer » de Kreyòl La. « J’adore l’expérience. C’est une belle équipe et je suis fier de faire partie d’un groupe comme ça. Je me sens à ma place et au fur et à mesure je prends de la confiance. T-Joe est un bon mentor et j’apprends beaucoup de lui. J’admire sa capacité à se relever après les chutes, j’aime sa façon de se battre pour ses rêves. Je ne pouvais pas rencontrer mieux », assure Ti Michel, d’une voix ferme. Amoureux de la nature, il peut passer des heures dans son jardin à réfléchir à tout et à rien. Le café est son péché mignon. « Je dois boire une tasse chaque matin. C’est obligatoire dans ma vie », lâche-t-il dans un sourire qui laisse percer ses fossettes. À l’occasion des 10 ans du groupe, Kreyòl La avait assurément besoin de ce coup de jeune et T-joe l’avait bien compris. On ne peut que souhaiter, pour le bien de la bande, que cette belle aventure dure de longues années !