« Nous avons une sismicité locale très active », a confié l’ingénieur Claude Prépetit, peu après avoir confirmé pour le journal ce lundi l’enregistrement le 30 décembre 2015 et le 2 janvier 2016 de deux secousses. Le 30 décembre, à Bombardopolis, dans le Nord-Ouest, un séisme de 4,6 sur l’échelle de Richter, ayant une profondeur de 10 kilomètres, a été ressenti dans le Nord, l’Artibonite, l’Ouest et la Grand'Anse.Ce tremblement de terre est le troisième ressenti dans le secteur après celui de 4, 3 du 23 mars qui s’est produit dans la mer, au sud de Bombardopolis et le séisme (de 4,4) le 17 juillet 2017. « Cette zone n’a rien à voir avec la faille septentrionale », a souligné l’ingénieur Claude Prépetit de l’Unité technique sismologie (UTE/BME). Avec le réseau de surveillance sismique, les données relevées permettent d’identifier des failles non cartographiées, comme celle responsable du séisme meurtrier du 12 janvier 2010.
Le samedi 2 janvier 2016, un séisme de 4,5, dont l’épicentre a été localisé à Monte Christi, à 36 kilomètres au nord de Dajabon, a été ressenti à Ouanaminthe et dans d’autres villes du Nord et du Nord-Est. Des scènes de panique ont été signalées à Ouanaminthe et au Cap-Haïtien, ravagé par un séisme puissant et un tsunami le 7 mai 1842.
Dans les Nippes, a aussi expliqué l’ingénieur Claude Prépetit, entre 20 et 30 microséismes ont été enregistrés entre septembre et décembre 2015. « Nous sommes dans une phase d’intenses activités sismiques », a indiqué Claude Prépetit. Personne ne peut dire si c’est une bonne ou une mauvaise chose. C’est peut-être une libération progressive d’énergie ou des petits séismes qui annoncent des gros. « Personne ne peut dire », a insisté Claude Prépetit.
L’ingénieur Claude Prépetit a souligné qu’en dépit des avancées dans la préparation de codes de construction, de la mise en place d’un réseau de surveillance sismique, « nous ne sommes pas prêts » à faire face à un séisme majeur. « Nous avons plus d’informations sur la sismicité locale à partir du réseau de surveillance que nous avons. Nous émettons des bulletins. Cela ne suffit pas pour réduire la vulnérabilité. Il faut des mesures concrètes au niveau du bâti, de meilleures constructions et mettre l’emphase sur l’éducation de la population sur les bons comportements à adopter pendant et après un tremblement de terre», a conseillé l’ingénieur Claude Prépetit, qui croit qu’il est indispensable « de renforcer la capacité de réponse » en cas de séisme.
Pendant l’année 2015, la terre a tremblé et suscité des préoccupations de Port-au-Prince jusqu’à Jérémie et souligné l’impossibilité d’envoyer valser les faiblesses en matière de prise en charge après un séisme majeur. L’Unité technique sismologie du Bureau des mines et de l’énergie avait indiqué dans un bulletin que le jeudi 16 avril, à 04h04’07’’a. m. (heure locale), un séisme de 3.73 sur l’échelle de Richter a été enregistré. L’épicentre a été localisé en mer, à 81 km au Nord-Ouest de Pointe-à-Raquettes, La Gonâve, à 9 km de profondeur.
La veille, mercredi 15 avril, « un séisme léger de 3.43 sur l’échelle de Richter a été enregistré » à 01h03’32’’a. m. L’épicentre du séisme a été localisé à 13.6 km au sud-est de la ville de Léogâne, à 10 km de profondeur. Il a été ressenti à Carrefour et à Gressier, avait indiqué le bulletin de l’Unité technique sismologie (UTE/BME). Le même jour, à 09h56’52’’p.m., « un séisme modéré de magnitude 4.33 sur l’échelle de Richter a été enregistré ». L’épicentre du séisme a été localisé en mer à 23 km au nord-est de la ville de Jérémie, à 14 km de profondeur. Il a été ressenti à Jérémie et à Barradères, dans les Nippes. La répartition spatiale des trois derniers séismes est aléatoire. Ils sont localisés le long de failles connues et ailleurs, avait expliqué l’ingénieur Claude Prépetit. La vigilance est de rigueur et les constructions parasismiques une nécessité, avait-il dit.
Pour une source gouvernementale, « les chefs sont passés à autre chose et s'en remettent à la Providence en cas de séisme majeur». L’argent des donateurs internationaux ne coule plus à flots et les programmes de sensibilisation, de préparation de réponse sont rangés dans les tiroirs, a-t-elle expliqué, quelques jours avant les six ans du séisme dévastateur du 12 janvier 2010 qui avait brisé les poutres des villas, les murs des taudis et unis dans la mort et la peur riches et pauvres. Ce mardi-là qui, parfois, quand on passe à côté de l’essentiel, rappelle la bêtise des luttes politiques fratricides pour le contrôle d’un cadavre d’Etat, incapable d’imposer le bâtir autrement, le vivre autrement sur cette terre qui danse et ouvre son ventre pour manger des vies…
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