« Le gouvernement des Etats-Unis salue l’annonce de l’Arrêté Présidentiel publié le 6 janvier dernier, convoquant le peuple haïtien dans ses comices le dimanche 24 janvier 2016 pour le second tour de l’élection présidentielle et des élections législatives complémentaires », peut-on lire dans une déclaration à la presse de John Kirby, porte-parole du département d'Etat américain. « Nous attendons avec impatience l'achèvement du processus électoral, et encourage tous les Haïtiens à participer aux élections dans la paix et le calme », a indiqué cette déclaration considérant ces joutes comme « une opportunité pour le peuple haïtien de faire entendre sa voix sur le choix du prochain dirigeant de son pays ». « À cette fin, poursuit cette prise de position de la diplomatie américaine, nous exhortons chacun à travailler pour assurer la transparence et la crédibilité dans ce processus démocratique fondamental ». « Comme souligné dans une déclaration publiée par le Core Group le 4 janvier dernier, les Etats-Unis et la communauté internationale en Haïti exhortent les institutions de l'Etat aussi bien que les acteurs politiques à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer un transfert pacifique du pouvoir à un nouveau président élu, le 7 février prochain, comme prescrit par la Constitution », a appelé le département d’Etat. « Nous réaffirmons notre engagement à travailler avec le Conseil Electoral Provisoire et les partenaires internationaux d'Haïti pour appuyer des élections justes, crédibles, qui se déroulent dans la sécurité et qui reflètent la volonté du peuple haïtien », a indiqué la déclaration. « Les États-Unis anticipent de travailler avec un gouvernement démocratiquement élu sur les nombreux défis auxquels Haïti fait face », a-t-elle conclu dans le sillage de la mission de deux diplomates américains, Thomas Shannon, assistant du secrétaire d’Etat John Kerry, et Kenneth H. Merten, coordonnateur du bureau d'Haïti au département d’Etat. Ce jeudi 7 janvier, la Mission d’observation électorale (MOE) de l’Organisation des États américains (OEA) soutient que le cap mis sur le second tour de l'élection présidentielle le 24 janvier « est un pas dans la bonne direction ».« Elle appelle l’ensemble des acteurs à travailler à l’amélioration des conditions en vue du vote annoncé pour le 24 janvier », a indiqué la MOE de l’OEA. « La conclusion du processus électoral permettra un transfert de pouvoir constitutionnel à un nouveau Président élu », a-t-elle indiqué, considérant « comme une mesure positive la dissociation des élections locales du second tour de la présidentielle limitant le nombre de mandataires dans les bureaux de vote et permettant ainsi d’éviter une répétition des problèmes survenus le 25 octobre ». « La MOE-OEA prend note des recommandations produites par la Commission d’évaluation électorale indépendante et exhorte le Conseil électoral provisoire (CEP) à les considérer dans la préparation du second tour de la présidentielle afin de favoriser le renforcement du processus électoral et son caractère compétitif », selon la note. « Certaines irrégularités identifiées par la Commission d’évaluation devant être prises en compte avant les prochaines étapes du processus électoral avaient été mises en exergue par la Mission de l’OEA dans le cadre des recommandations formulées à l’occasion de ses déclarations préliminaires et rapports soumis au CEP suite aux élections du 9 août et du 25 octobre. En dépit d’irrégularités, l’information recueillie par la MOE-OEA sur le terrain n’a pas révélé de divergences par rapport aux résultats définitifs de la présidentielle publiés par le CEP en ce qui a trait aux deux candidats admis au second tour », a affirmé la mission d’observation de l’OEA, soulignant que « le processus électoral peut et doit être amélioré, mais que les efforts doivent aller au-delà de nouvelles garanties techniques ». « La MOE-OEA encourage les Haïtiens à participer en grand nombre au second tour des présidentielles et à s’engager de manière active dans le processus électoral afin de prévenir les irrégularités et actes de violence observés lors des scrutins précédents », a indiqué la note. « La Mission, a poursuivi la note, appelle les deux candidats à s’engager pleinement dans le processus électoral et à faire entendre leur voix à travers le vote ». « La MOE-OEA a maintenu une présence permanente en Haïti depuis le début du processus électoral et déploiera une importante mission d’observation électorale pour observer les prochaines phases. La poursuite par Haïti du renforcement et de la consolidation de son système démocratique permettra d’aboutir à une paix et à un développement durable », a conclu la note de la mission d’observation électorale de l’OEA. Dans un papier de Jacqueline Charles du Miami Herald titré « Célestin dit « non » au second tour de la présidentielle », Jude Célestin, crédité de 25 % des votes au premier tour par le CEP, a maintenu son refus de participer au second tour avec Jovenel Moïse, le candidat du pouvoir, 32,8 %. Ce jeudi, après la publication mercredi de l’arrêté présidentiel convoquant le peuple dans ses comices le 24 janvier, Jude Célestin a dit au Miami Herald « que le 24 janvier est hors de question ». « Le président Martelly va devoir faire une élection avec un seul candidat », a ajouté Jude Célestin, qui avait appelé à l’application des recommandations de la Commission d’évaluation électorale. Thomas Shannon et Kenneth H. Merten, qui ont rencontré Jude Célestin mercredi, ne sont pas parvenus à le convaincre de participer au second tour. Le décret électoral prévoit en cas de désistement que ce soit le candidat qui vient après qui concoure. « Nous ne pouvons pas accepter que des étrangers viennent créer une situation sens dessus dessous », a confié Anthony Dessources de Fanmi Lavalas au Miami Herald. Anthony Dessources a salué la résistance de Jude Célestin qui continue de demander une vérification du vote. « Comment peuvent-ils s’attendre à ce que le peuple haïtien accepte d’aller aux élections dans ces conditions ? », s’est interrogé Anthony Dessources. La situation de Jude Célestin est délicate. Il a toujours qualifié les élections du 25 octobre de mascarade, exigé la vérification du scrutin. Il a aussi exigé l’application des recommandations de la Commission d’évaluation électorale. Dans 30 % d’un échantillon de près de 2000 PV, la Commission a relevé que des électeurs ont voté sans carte d’identification nationale. Il y a des irrégularités graves assimilables à des fraudes massives, avait indiqué la Commission, qui a recommandé un dialogue politique avant la poursuite du scrutin pour ne pas envenimer la crise politique. Sur le terrain, les manifestations s'essouflent et ne font plus recette. Le premier tour de l'élection présidentielle avait un taux de participation en dessous de 30 %.