Les réunions politiques se multiplient. Tout le monde s’y met. Pour le journal, mercredi 20 janvier, en fin de soirée, Grégory Brandt, le numéro un du Forum économique du secteur privé, a évoqué des discussions sur un « accord ». « Nous sommes en réunion avec les protagonistes sur un accord… Le Forum travaille avec toutes les parties. Pas de déclaration pendant les discussions », a répondu par texto Grégory Brandt. Le président de l’AMCHAM, Philippe Armand, espère. « Nous espérons qu’il y aura un accord qui soit à la satisfaction de toutes les parties », a-t-il dit en mettant en avant l’urgence de préserver la paix sociale dans un contexte de décote de la gourde, de ralentissement des activités économiques. Le nouveau président de l’ADIH, Georges Sassine, appelle le président Michel Martelly, les sénateurs, les députés, les candidats à faire preuve de leadership pour une résolution anglo-saxonne de la crise. Il faut faire des consensus pour que ce soit gagnant-gagnant, a-t-il dit. « Qu’est-ce que vous allez faire avec une élection avec un seul candidat? A ma connaissance, Duvalier est parti depuis 1986. Il ne peut plus y avoir de dictature. Le peuple haïtien n’acceptera plus la dictature », a fait remarquer Georges Sassine. Entre-temps, le journal a appris qu’une proposition d’accord pour la poursuite du processus électoral haïtien en 2016 est sur la table. Ce projet d'accord minimal propose la poursuite du processus électoral pour que tous les postes électifs soient pourvus ; le report du second tour des élections à une date ne dépassant pas le 13 mars, le replâtrage du CEP avec un maximum de cinq membres, dans les 72 heures après la signature de l’accord ; que Jude Célestin s’engage à faire sa campagne électorale ; que le Parlement et les forces vives identifiées de la 50e législature choisissent par consensus un Premier ministre rassembleur capable de conduire le reste du processus électoral. Le choix et la ratification doivent intervenir 8 jours après la signature de l’accord. A compter du 7 février 2016, date de la fin du mandat du président Michel Martelly, le nouveau Premier ministre exerce le pouvoir exécutif conformément à l’article 148 de la Constitution amendée. L’accord propose le 29 mars comme date d’installation du nouveau président après le second tour entre Jovenel Moïse et Jude Célestin. Le cardinal Chibly Langlois, avec l’assentiment du gouvernement, avait mené des discussions avec Jovenel Moïse et Jude Célestin entre autres dans le but d’élaborer cette proposition d’accord, a confié au journal une source proche des discussions. Selon cette source, le président Martelly n’a pas été pas enthousiaste à la lecture du texte. Pour le moment, cela reste un préaccord, a souligné une source parlementaire qui ne voit pas comment un Premier ministre pourra combler le vide laissé par le président. Cependant, nous sommes dans un contexte particulier, a-t-il dit, croyant nécessaire un président provisoire. Dans les jours à venir, au regard de cet accord, des discussions vont être engagées au Bicentenaire pour qu'on lève les obstacles politiques à la tenue de l’Assemblée nationale. Ceux qui sont pour la reprise de l’élection présidentielle, sans Jovenel Moïse et la mise en place d’un gouvernement provisoire pour assouvir d’autres appétits rouspéteront, a gagé cette source au Parlement. Mais, il faut faire preuve de pragmatisme face aux risques de débordements si l’on ne s’entend pas pour définir l’après Martelly, le 8 février, a-t-il dit.