Le Conseil permanent de l’OEA, sollicité d' “urgence” par le président Michel Martelly, a décidé ce mercredi d’envoyer au plus vite une mission pour aider Haïti à sortir de la crise politique, a informé une dépêche de l’AP mercredi soir.
« A Washington, le Conseil permanent de l’OEA est parvenu à un consensus pour envoyer une mission en Haïti afin d’aider à sortir de l’impasse maintenant que les élections sont reportées à une date non arrêtée et que le président Martelly quittera le pouvoir dans 10 jours », a rapporté AP, indiquant que le Conseil avait programmé d’analyser le rapport des observateurs des dernières élections.
Ronald Sanders, ambassadeur d’Antigua qui préside le Conseil, a évoqué le « spectre d’un bain de sang total en Haïti si un accord politique n’est pas trouvé ». « L’intention n’est pas d’interférer mais d’être utile », a indiqué l’ambassadeur Ronald Sanders, cité par AP. L’ambassadeur d’Haïti à l’OEA Bocchit Edmond a indiqué que la requête n’est pas une invitation à se mêler des affaires des Haïtiens mais un appel à aider à évaluer la situation et à favoriser le dialogue, a rapporté AP. A la Voix de l’Amérique, Edmond Bocchit a souligné que la « mission de l’OEA va jouer un rôle de médiateur entre les acteurs Haïtiens qui cherchent une solution haïtienne ». Le représentant d’Haïti à l’OEA a aussi confié à la Voix de l’Amérique que la mission devra aider à trouver une solution d’ici au 7 février.
Sur son compte Twitter, le secrétaire général de l’OEA Luis Almagro a indiqué qu’il faut consulter la cour suprême (NDLR Cour de cassation) sur les modalités légales du transfert du pouvoir. Le Conseil a fait ressortir la nécessité de garantir la dimension constitutionnelle de la solution qui sera trouvée. L’objectif immédiat du gouvernement de transition serait de rétablir la stabilité politique et sociale, créer un climat de confiance, a tweeté Luis Almagro.
Luis Almagro a mis en avant que les élections constituent le seul moyen démocratique pour exercer le pouvoir. Elles doivent être réalisées au plus vite. La crise haïtienne était également au menu des discussions de la CELAC.
Pendant cette réunion du Conseil permanent de l’OEA, en voix discordante, Celso Amorim, chef de la mission électorale de l’OEA, a indiqué que « les Haïtiens doivent décider de leur propre futur ».
L’OEA, qui propose sa médiation, avait observé les élections et donné son brevet d’acceptabilité à ces joutes avant le recours au BCEN de Fanmi Lavalas, avant les informations accablantes fournies par la Commission d’évaluation électorale indépendante créée par le président Michel Martelly. Ici, l’OEA n’a pas bonne réputation.
Entre-temps, il y a beaucoup de propositions de sortie de crise sur la table. Elles sont l’œuvre d’Haïtiens. Pour le moment, il n’y a aucun accord en vue alors que la bataille rangée entre PHTK, parti du président Martelly, et l’opposition fait craindre le pire.
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