Le Bureau de monétisation des programmes d'aide au développement (BMPAD) est dans de beaux draps. C’est le moins que l’on puisse dire quand, en haut lieu, on n’hésite plus à parler de « faillite du BMPAD ». « Oui, au regard des chiffres, le BMPAD est en situation de faillite », a confié une source, après la réunion d’urgence avec le chef de l’Etat, Jocelerme Privert, le directeur général Eustache St-Lot, vendredi 4 mars 2016. Les huit mois d’arriérés sur l’importation de produits pétroliers au PDVSA sont de 91 millions de dollars. Le BMPAD dispose, sur ses comptes en banque à la BRH et à la BNC, de 66 millions de dollars. S’il vidait ses comptes pour régler cette facture, il lui manquerait 25 millions de dollars. Le BMPAD n’a pas les moyens de financer les projets exécutés avec les ressources de PetroCaribe. Les requêtes de financement pour ces projets de plus 100 millions de dollars sont retournées, a détaillé une autre source pour le journal. «D’où vient le trou? Est-ce que le BMPAD a financé des projets en dehors du circuit prévu en dehors des versements au PDVSA? Si oui, pour faire quoi ? », s’est demandée une source gouvernementale qui estime qu’il serait scandaleux si l’argent versé par les compagnies pétrolières servait à autre chose, en dehors des voies tracées. La situation du BMPAD est compliquée. Elle a des dettes, pas assez de ressources et une commande d’essence de 9 millions de dollars qui arrive sous peu, a expliqué une source à la BRH, qui souligne que l’ED’H a une dette importante envers le BMPAD. Les compagnies pétrolières ont aussi des dettes envers le BMPAD, les montants fournis en gourdes. Le BMPAD avait exigé que les compagnies pétrolières paient uniquement en dollars. Le journal avait appris d’une source proche d’une compagnie pétrolière que celle-ci et d’autres ont placé leurs deux dernières commandes en dollars américains auprès du BMPAD. Contacté par le journal via un texto, le directeur du BMPAD n’a pas réagi. Jeudi, M Eustache St-Lot, courtois et spontané, avait annoncé au journal une communication sur ce dossier. Sur son site Internet, le Bureau de monétisation indique qu’il « joue un rôle d’intermédiaire entre le fournisseur vénézuélien PDVSA Petroleo S.A. et les compagnies pétrolières locales. Ces compagnies paient à l'Etat haïtien 100% de la valeur FOB des cargaisons. Selon les prix du baril affichés sur le marché international, le gouvernement haïtien transfère 40% à 70% de cette valeur au fournisseur vénézuélien. La portion restante, soit 60% à 30%, devant être payée sur 25 ans avec deux années de grâce et à un taux d’intérêt annuel de 1%.