« Avec ou sans alcool, madame ? » Ce serveur qui m’offre le cocktail de bienvenue de l’hôtel pendant que j’attends que l’on me conduise à ma chambre donne sans le savoir le coup d’envoi à mon week-end. « Bien sûr, ce sera avec ! » Je réponds tandis que je récupère vite fait quelques brochures, histoire de monter mon planning. Mais je ne me fais aucune illusion. Je dispose de moins de 48 heures. Et vu la liste des activités disponibles, j’allais devoir être sélective, très. Le temps que je m’installe, sirote le vin mousseux retrouvé dans la chambre, tente une petite visite des lieux, il est déjà 7 h du soir, heure pour laquelle nous avions réservé au Boucanier, le restaurant nord du resort. Le repas est bien entendu inclus dans mon forfait ; mais si on veut avoir une table au restaurant, il vaut mieux réserver à l’avance. « Tu devrais à tout prix essayer le thon », me suggère un de mes compagnons, habitué des lieux. Mais je suis bien plus intelligente que ça. J’arrive à convaincre chacun de choisir un plat différent et mine de rien, je picore dans leurs assiettes. Au final, c’est d’ailleurs le « Tacu Tacu du nord », une croquette de riz et haricots sur sauce fruits de mer et créole, qui obtient mon vote. À déguster cocktails, entrées, plats de résistance et vins, avec en toile de fond de la musique assurée par un groupe local, le temps s’est écoulé sans que l’on ne s’en aperçoive. On ne passe tout de même pas un trait sur le dessert. Et là encore, nous ne sommes pas déçus. Les quatre petites gâteries que nous avons commandées ont fait les délices de nos palais. Après avoir fait le plein, on poursuit avec notre programmation. A neuf heures tapantes, un spectacle de cirque est prévu. Nous avons vu un des clowns convier les arrivants à ce spectacle dès notre arrivée au lobby de l’hôtel. Et décidés à profiter au maximum de notre séjour, nous avons bien l’intention d’y assister. L’enthousiasme et l’excitation nous conduisent à l’amphithéâtre où sont d’ailleurs déjà installés une grande partie des occupants de l’hôtel. On a juste ce qu’il faut de temps pour prendre place. Ce soir, la troupe d’animation composée de jeunes artistes étrangers et locaux présente « Circus ». Le spectacle allie comédie et danses et maintient le public éveillé. Le show terminé, on discute un peu avec certains des danseurs et artistes qui y ont pris part avant de poursuivre notre course à la montre. Il fait frais, la nuit est encore toute jeune. Pas question de dormir ! Ici les journées semblent d’ailleurs s’étirer jusqu’à l’aube. À quelques mètres de là, à la discothèque, la fête bat son plein. Avec mes compagnons, on ne se pose même pas la question. C’est décidé, on met le cap sur le sud, on va danser toute la nuit ! L’alcool coule à flot. Pas moyen de résister à un verre. Entre ciel et terre, et le bruit des vagues au loin, on savoure la musique. On profite de la vie, quoi. Il est presque une heure. La fatigue de la route et les boissons auxquelles nous avons goûtées nous montent à la tête. On doit se faire violence pour rentrer, car on aimerait bien se réveiller assez tôt pour aller faire de la voile le lendemain. Tandis que nous prenons le chemin du retour, nous décidons toutefois de voir un peu de quoi est fait le Snack dont on nous avait parlé et qui demeure ouvert jusque vers deux heures du matin. Vraiment, c’est une mauvaise idée. Le fumet des plats nous happe. On peut difficilement résister à l’envie de grignoter. Un peu. Un tout petit peu. « Juste quelques morceaux de fruits », me dis-je. Mais à cela s’ajoutent sans même que je m’en rende compte un ou deux hot-dogs, quelques minuscules morceaux de viande et je ne sais plus quoi encore… Pardonnez-moi, ô cher régime ! Et ce cher Beach body… jamais il ne pourra être au point pour la journée de demain ! Vous vous doutez bien qu’on n’a pas réussi à se réveiller pour la voile. C’était pour quelle heure déjà ? 6 h ? Surtout n’en parlons plus... L’horaire de notre journée du dimanche n’en est pas moins serré. Ma collègue et moi rattrapons de justesse le buffet du petit déjeuner. Oui, oui, c’est moi qu’il faudrait blâmer… Puis le temps de faire quelques brasses dans la mer et direction le spa ! 25 minutes à me faire masser par une professionnelle tandis que je suis bercée par le bruit des vagues ? Je n’aurais refusé cela pour rien au monde ! Mais le meilleur est encore à venir. Le clou de la journée est l’excursion vers l’île de la Gonâve. Gilet de sauvetage, palmes et lunettes de plongée en main, j’embarque. La musique et la boisson sont au rendez-vous et confèrent à la traversée l’image d’un véritable boat party. Puis on accoste pour permettre aux occupants du bateau de se baigner tandis que d’autres préfèrent rester à bord. De la plongée, pourquoi pas ? Alors, quand j’aurai enfin fini par apprendre à nager. En attendant, à défaut de m’être fait bronzer sur le sable, étalée sur le pont du bateau, je peux me noircir à ma guise. Le retour vers l’hôtel est tout aussi agréable. Puis… puis rien ! Le reste de mon séjour à Royal Decameron demeure flou dans ma mémoire. Je l’ai voulu ainsi. Pourquoi tout faire pour me rappeler de cet appel me disant « Tu es prête ? On t’attend à l’entrée pour partir. » Et c’était fini. J’ai repensé à toutes les choses que je n’ai pas eu le plaisir de tester… La Casserole haïtienne, le restaurant du sud, par exemple… J’ai traîné le plus possible en faisant mes bagages. Peut-être même a-t-on dû me tirer par les cheveux… Et enfin je me suis résolue à dire un simple « À la prochaine » au premier hôtel all inclusive d’Haïti !