Entre Ticket, Nouvelliste et Télé 20, on est sept – oui, sept ! – individus bien heureux qui débarquent donc à l’Ambassade du Japon, au building Hexagone, à Pétion-Ville, ce mardi 29 mars, à 5 h 30 pm, pour ce qu’on espère déjà qui sera un après-midi bien arrosé. On ne sera pas déçu ! Ne vous méprenez surtout pas, on n’est pas tombé dans les escaliers, mais l’ambassadeur Yoshiaki Hatta, monsieur Kikisake-Shi (sommelier du saké) et son équipe ne se sont pas fait prier pour nous régaler avec six différents types de saké de luxe, certains même rares, difficiles à trouver au Japon. Les six petits verres installés sur la table devant chaque convive suffisent déjà à nous donner une idée de la dégustation qui s’en vient. Mon regard s’illumine. Il semble que je vais rattraper six mois d’abstinence en seulement deux heures. De plus, ma conscience ne pourra même pas me le reprocher, je ne fais que mon travail ! La première partie de l’événement consiste en une introduction au saké. L’ambassadeur Yoshiaki Hatta explique à la douzaine de journalistes présents l’origine de cette boisson, symbole du Japon. « Le saké japonais est un alcool de riz fermenté et brassé tout comme le sont le vin et la bière. Il peut être bu non seulement comme un apéritif, mais également comme un vin de table ou tout autre alcool », précise l’ambassadeur avec le support d’une projection qui nous montre explicitement ce qu’est le saké. « C’est une boisson alcoolisée si traditionnelle que justement en japonais, le mot ''alcool'' se dit tout simplement ‘’sake’’, continue-t-il dans un français charmant. « Issu du riz, le saké est non seulement bu, mais est aussi utilisé comme offrande. Pour signer un contrat important, on le boit dans des coupes spéciales et plus qu’un alcool, c’est un élément primordial de culture », affirme encore l’ambassadeur Hatta. Précisons que le riz utilisé pour le saké n’est pas le riz que le Japonais mange au quotidien. Il est plus gros et un peu plus long, ce qui permet de le polir pour avoir le saké de luxe. Après quinze minutes de bonnes explications, place maintenant au moment temps attendu, la dégustation. - Le premier saké goûté est le « Kikusui », qui vient de la région de Niigata, qui se situe au nord-ouest de Tokyo. Léger, un peu fruité et sucré, le riz avec lequel il est fait est peu poli, ce qui lui donne ce goût concentré. - Le deuxième saké, mon premier favori, est le « Hakkaisan », considéré comme un champagne japonais. Pétillant, sec, légèrement aigre-doux, les bulles s’évaporent délicieusement dans la bouche et forcent presque à en redemander. Entre les 17 % d’alcool de la première bouteille et les 15 % de la deuxième, je commence à apprécier de plus en plus le saké. - Le troisième saké offert est le « Kurougu », qui vient de la région de Fukuoka, fait avec du riz poli à 45 %. Un peu trop sucré à mon goût mais différent des deux autres. Il attrape le palais et envahit les papilles. - Le saké numéro quatre se nomme le « Sakehitosuji » de la région d’Okayama. Fait à base de riz poli à 40 %, il est tout aussi sucré que le troisième et laisse un fort goût à la bouche. - La cinquième bouteille est le « Ishiduchi », de la région de Ehime. Claire comme de l’eau de source, fruité, léger avec du riz poli à 35 %, il calme un peu la saveur de son prédécesseur. - La sixième et dernière bouteille est celle qui a fait le plus plaisir aux invités et est mon deuxième favori. En effet, le « Dassai », le plus luxueux des sakés, fait avec du riz poli à 23 %, est celui qui a été offert en cadeau au président Obama par le Premier ministre japonais lors de sa visite au pays. Délicieux, léger, il coule dans la gorge avec facilité et ne laisse aucun arrière goût. Définitivement le favori de la table. Quatre mets japonais sont ensuite offerts pour déguster avec les saké. Baguettes en main, on se régale en alliant mets solides et liquides du Japon. Après deux heures de bonne conversation, d’initiation, de découverte et de dégustation des sakés de luxe, on laisse l’ambassade du Japon la mine heureuse, la tête légère, mais revigorés.