C’était un bien long silence, je vous le concède. Mais, pour ma défense, j’ai une bien bonne raison : mes dernières aventures capillaires me laissent littéralement sans voix ! Il n'y a pas trop longtemps, je vous ai parlé de mon « move bò ». Ce côté de ma tête qui ne boucle pas et refuse de collaborer à toutes mes tentatives de coiffure, vous vous en souvenez ? Eh bien, c’est par lui que le malheur est arrivé. J’étais impatiente, exaspérée, révoltée, mais surtout résolue à ne pas baisser les bras. Il me fallait à tout prix avoir raison de ce côté rebelle. Pendant les premiers jours, j’ai redoublé de vigilance et j’ai accentué sur les soins. « Mes cheveux sont sans doute trop ''faibles'' », me disais-je. À force de traitements, j’ai donc tenté de rétablir la balance. Le résultat est très positif. En effet, jamais ma tignasse n’a été en aussi bonne santé. Mais mon problème persiste. Il y a toujours cette partie de ma tête qui ne boucle pas et mon choix de coiffure est toujours aussi limité. C’est alors que survient une amie de ma mère. Elle a été esthéticienne et a longtemps travaillé dans un salon très réputé de la capitale. Après avoir écouté mes déboires, elle m’assure que le problème était dû à l’application de mon texturizer. Rien qu’elle ne puisse arranger ! Confiante, je me remets entièrement à ses mains professionnelles. Je n’aurais peut-être pas dû… Imaginez donc ma surprise quand, quelques heures après la nouvelle application, passant les mains sur mon crâne, je ne sentis pas mes boucles. Un regard dans le miroir me confirme mes doutes. Il n’y a plus rien, du moins pas grand-chose. Ma chère coiffeuse, dans son souci de dompter l’indomptable, m’a fait garder la crème trop longtemps sur les cheveux. Résultats : ces derniers sont maintenant trop « détirés », et c’en est fini de ma tignasse touffue et bouclée. Je n’ai pas le courage de l’engueuler. En avais-je seulement le droit ? En fait, pendant un moment qui me semble infini, je me contente de fixer le miroir, tentant de me rendre à l’évidence. Après un fiasco pareil, il ne me restait pas d’autre alternative que la boule à zéro. Mais bien sûr, se couper les cheveux c’était une chose, et se raser le crâne en était une tout autre. Une aventure pour laquelle je n’étais pas prête ; tout comme je n’étais pas encore prête à imposer mon air de caniche trempé à qui que ce soit. Je cherche en vain une éventuelle autre option. Je dis même une prière, consciente qu’il faut un miracle pour me sortir de ma situation. Puis, dans une tentative désespérée, j’attrape un headband et le passe autour de ma tête, avant d’ébouriffer mes cheveux effilochés. Le résultat n’est pas fameux. Seules quelques rares boucles ont survécu à l’extermination. Le volume de mon afro avait considérablement diminué et mes cheveux de devant se collaient piteusement à ma tempe. Mais je vois tout de suite que je n’obtiendrai pas mieux. Je ne pourrai pas non plus me séparer de mes bandeaux pendant les deux prochains mois, au moins. Faisant quand même bon cœur contre mauvaise fortune, je remercie le ciel de m’avoir sauvée du pire. Je devrai attendre encore quelques mois, le temps que mes racines poussent et que je puisse enfin me débarrasser des vestiges de cette expérience désastreuse !