Le commerce informel domine largement les activités commerciales au niveau de la frontière. Dans le cadre de l’enquête du professeur del Rosario, 31 points de vente des produits informels établis à travers les provinces frontalières ont été identifiés.
« Dans les marchés frontaliers étudiés, un nombre important de transactions informelles ont lieu à l'intérieur et en dehors des jours de marché impliquant toutes sortes de marchandises, mais principalement celles d'origine agricole et industrielle telles que les textiles», a déclaré le chercheur dominicain.
Chaque année, estime del Rosario, le commerce informel dans la partie nord de la frontière (Dajabón/Ouanaminthe) s’élève à 159 millions de dollars contre $ 251.540.000 US pour le commerce formel. Toutefois, ce montant diminue comme une peau de chagrin si on élimine les contributions des zones franches. Il passe alors à $ 64 580 000 US.
Selon Del Rosario, le commerce transfrontalier est plein de contradictions. En effet, les acteurs opérant dans la zone frontalière, acheteurs et vendeurs haïtiens et dominicains, paient des impôts élevés pour leurs transactions informelles à différents agents évitant ainsi les procédures douanières formelles existant de part et d’autre de la frontière. Ces acteurs reconnaissent que les versements sont fixés à la discrétion des autorités militaires et civiles qui contrôlent les postes frontaliers des deux côtés de l’île.
De plus, l'étude révèle que dans le commerce transfrontalier informel, 98% des produits dominicains qui arrivent en Haïti sont des produits agricoles, 1% des produits sont industriels et l’autre 1%, des produits agro-industriels. Alors que 68% des produits qui arrivent en République dominicaine en provenance d’Haïti sont industriels, 20% sont agro-industriels et 12% sont agricoles.
D'autre part, le chercheur dominicain avance que le commerce informel représente 89% des produits agricoles, 3% des produits agro-industriels et 8% des produits industriels qui sont commercialisés des deux côtés de la frontière. S’agissant du commerce formel, 71% sont des produits industriels, 17% agricoles et 12% agroalimentaires.
Le commerce informel est défini par le spécialiste dominicain comme étant un ensemble de produits commercialisés qui ne sont pas enregistrés dans les statistiques officielles des services douaniers de chacun des deux pays.
En guise de conclusion, Juan del Rosario recommande tant au gouvernement de la République dominicaine qu’à celui d’Haïti de maintenir une politique efficace d'information sur les taxes perçues au niveau de la frontière. Selon lui, cette forme de contribution, visant à rendre transparente la tarification des marchandises qui entrent de chaque côté de la frontière, peut constituer un moyen de stimuler les formalités.
Avant de prendre congé, les responsables de l’OBMEC ont donné la garantie formelle aux journalistes qui ont pris part à ce séminaire sur le commerce bilatéral que d’autres rencontres de ce genre auront lieu sur la migration, l’éducation et l’environnement.
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