Au bon vieux temps de notre football, le derby Violette – Racing était le plat de prédilection de tous les fouteux du pays. Ce match pas comme les autres était, à chaque occasion, le rendez-vous exceptionnel qui mobilisait les jeunes, les moins jeunes et les vieux. Car c’était le derby national.
Les sportifs alignant plus de soixante cinq (65) ans savent beaucoup au sujet du derby des fauves. Quand ils étaient trop jeunes pour braver la chaleur des gradins du stade Sylvio Cator, les voix sonores des immortels William Mc Intosh, Antoine Rodolphe Hérard et Serge Ambroise les plaçaient au cœur du plus grand débat sportif national animé par les Zoupim, Ti Haig, Yaboute, Ti Jacques, Massou, Jojo Beaulieu...
Balle au pied dans les matches de rue à cette époque, certains jeunes se surnommaient Zoupim ou Ti Haig, deux attaquants habiles, deux chasseurs de buts, deux légendes. Les petits footballeurs de nos rues, violettistes ou racinistes, attendaient impatiemment le moment favorable pour fouler les pelouses et marcher sur les traces de leurs idoles qui alimentaient leurs rêves, leur désir et leur passion pour le jeu.
Le lancement des championnats de 4e et 3e catégories dans la 1re moitié des années 60 offrait à ces jeunes l’opportunité d’exposer leur talent. Sur la liste des racinistes et des violettistes en herbe de cette faste période, se détachaient déjà les frères Domingue, Philippe Vorbe, les frères Gaspard, Alix Tabuteau, Arsène Auguste, Pierre Bayonne, Wilner Nazaire, Eddy Antoine, Raphaël Pierre, Roger St-Vil, pour ne citer que ces jeunes fauves.
Lors de la finale de l’épreuve de 3e catégorie en 1963, le temple sportif Sylvio Cator était plein à craquer, parce que ce match décisif mettait aux prises des jeunes tigres et des lionceaux. Comme le derby national, cette finale de jeunes a attiré le public des grands jours parce que c’était Racing – Violette, un petit choc qui exposait les vedettes jaune et bleu et les étoiles bleu et blanc de demain.
Quelques années plus tard, ces fauves croisèrent leurs griffes à plusieurs reprises dans le derby majeur : Philippe Vorbe et Pierre Bayonne face à Wilner Nazaire et Arsène Auguste, Eddy Antoine face à l’ex-jaune et bleu Raphaël Pierre. Ce texte est dédié spécialement aux lions et aux tigres d’aujourd’hui et de demain. Car le derby doit vivre honorablement .
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