La carrière d’un boxeur de talent est souvent ternie par le match de trop. Cassius Clay, alias Mohamed Ali, est digne de respect pour son refus de s’embarquer pour le Vietnam pour faire le coup de feu. Dans la pratique, il aurait séjourné dans la brousse en amusant la troupe. Effectué des tournées d’une base à l’autre pour divertir, égayer ceux des soldats en partance pour le front ou y revenant. Ses convictions religieuses motivèrent son refus d’engagement. Après ses démêlés judiciaires, il revint à la compétition. Très vite, lors de ce come-back, sur sa route il croise Joe Frazier, «la locomotive Joe». Ali s’incline aux poings lors du premier affrontement, apparemment il l’avait remporté. Frazier y sortant malmené. Ses qualités d’encaisseur et cet inusable allant offensif de «Locomotive Joe» firent pencher la décision. Pour ma part, la victoire de Frazier laissa un goût amer et des regrets. Lors de la revanche, Ali l’emporta aux poings. Frazier se révélant d’une combativité à toute épreuve. Jamais il ne parut vouloir baisser les bras, offensive toute ! Avançant sous les coups. Ne reculant jamais, Frazier, un rude combattant ! L’épisode de la mâchoire cassée face à Ken Norton est à mettre, comme pour les combats laborieux devant Frazier, sur le compte de l’inactivité forcée d’Ali. Visiblement, Ali tardait à retrouver la grande forme. Progressivement, doué d’un formidable sens tactique, il parvint à élever son jeu. À l’automne de 1974, à Kinshasa, capitale du Zaïre (aujourd'hui République démocratique du Congo), il domine le redoutable George Foreman, déjouant les pronostics. Après ce succès retentissant, Ali aurait dû se retirer. Mais l’envie de se refaire une santé financière obligea Ali à croiser les gants deux fois contre le jeune Léon Spinks pour finalement arrêter sa carrière fort tard, en 1980, sur une défaite devant Larry Holmes, dont l’idole a toujours été Mohamed Ali. Dans la carrière d’un grand athlète, il faut savoir s’arrêter à temps. Pour ne pas ternir la légende. Le poids des ans ne pardonne pas ! De même, un Larry Homes vieillissant se fera corriger par un fringant Mike Tyson. Généralement, des raisons d’ordre financier expliquent le match de trop. Ce fut le cas pour Ray «Sugar» Leonard face à un jeune adversaire dont il était l'idole. L’arbitre stoppa le massacre. Malheureusement, ce jeune boxeur américain s’enlisa très vite. Au point que son nom m’échappe. Il a basculé dans l’oubli. Ayant connu un parcours en dents de scie et une fin de carrière prématurée. Gérer le terme d’une carrière pour un sportif, c’est surtout sortir par la grande porte pour entrer dans la légende !