L’Europe s’étonne. Après avoir franchi le premier tour de l’Euro 2016, l’Islande s’est offert la peau de l’Angleterre lundi à Nice pour gagner le droit de défier la France en ¼ de finale. L’Europe chavire. L’île, située à une distance de 287 km au sud-est du Groenland (entre 63° 17' 30" et 67° 07' 05" Nord et à 4° 32' 12" Ouest) dans l’océan Atlantique Nord et au large de la mer de Norvège, déjoue tous les pronostics. Son parcours, cette année, fait penser à un certain Danemark en 1992. Et si les fans de la France ne s’en inquiètent pas trop, il reste que ceux qui connaissent l’Islande sonnent l’alerte.
La présence de l’Islande à ce niveau étonne aussi en Haïti. Un étonnement justifié. En fait, si en superficie (103 001 km carrés) l’Islande fait presque 4 fois la République d’Haïti (27 750 km carrés), en population, Pétion-Ville seulement (avec ses 342 694 habitants en 2009) compte plus d’habitants que toute l’Islande réunie puisqu’elle ne comptait qu’environ 330 000 habitants en 2015). Imaginez une sélection de Pétion-Ville disputant une Gold Cup et vous comprendrez la dimension de l’exploit.
Un football organisé
Seulement, depuis la première édition du championnat islandais en 1912, aucun schisme, aucun déchoquage, aucune manifestation contre le comité fédéral ou aucune décision fédérale arbitraire n’a causé l’annulation d’une édition. La compétition a toujours été au rendez-vous même dans les pires moments des deux guerres mondiales. Aujourd’hui, sur les 330 000 Islandais, 20 000 détiennent une licence de footballeur (combien en Haïti ?), 100 sont des professionnels (Qui est amateur et qui est professionnel dans le championnat professionnel haïtien?) dont 4 évoluent dans les championnats majeurs en Europe (Alfred Finnbogason joue à Augsbourg en Allemagne, Emil Halfredsson porte les couleurs de l’Udinese en Italie, Gylfi Sigurdsson évolue à Swansea en Angleterre et Kolbeinn Sigthorsson évolue à Nantes en France). Les 19 900 autres sont donc amateurs ou semi-amateurs.
Un championnat sur 5 divisions
Pourtant, avec un football structuré, les joueurs islandais évoluent dans les compétitions islandaises organisées en 5 divisions différentes avec presque les mêmes structures pour chaque division. Un signe déjà qu’il faut du talent pour pouvoir évoluer en première division islandaise et y parvenir relève déjà d’un sacré parcours.
Au plus bas niveau, on trouve la 5e division, l’équivalent de la D3 haïtienne qui est une compétition régionale. A ce niveau, le territoire islandais est divisé en 4 régions et chaque région a une compétition disputée par 7 ou 8 clubs. La D4 islandaise compte 10 clubs depuis la structure de 2013. Alors que la D3 depuis 2008, la D2 (depuis 2007) et la D1 depuis 2007 comptent chacun 12 clubs avec la possibilité d’ascension ou de relégation à tous les niveaux.
Une infrastructure appropriée pour des résultats construits
Au niveau infrastructure, l'Islande compte plusieurs ministades dont le Laugardalsvöllur est le plus gros. Situé à Reykjavik, il possède une capacité de 9 800 places assises bien que celle-ci puisse facilement être augmentée au besoin. En 2004, par exemple, 20 034 spectateurs ont assisté à la victoire 2-0 de la sélection d’Islande 2-0 aux dépens de l’Italie en match amical. Et si certains l’oubliaient, l'Islande a déjà disputé trois phases finales de Coupe du monde. Et pour les fans français, en septembre 1998 déjà, la France tout auréolée de son titre de champion du monde avait buté contre l’Islande 1-1 à Reykjavik et ne s’était imposée que très difficilement au match retour au stade de France 3-2. Une manière de dire qu'une victoire de l’Islande dimanche aux dépens de la France est dans le domaine du possible et ce serait le résultat d’un travail de longue haleine.
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