En effet, l’Argentine a placé quatre entraîneurs nationaux dans le dernier carré de la Copa América. Ses représentants européens continuent de briller. Malgré tout, la Primera Division (le championnat d’Argentine de D1) subit une nouvelle révolution : la prise de pouvoir d’une nouvelle génération. Au nombre de ces nouveaux entraîneurs,le technicien haïtien Alcel Faugues. Pourquoi avez-vous fait le choix de l’Argentine ? « En faisant le choix de l’Argentine, j’ai agi en connaissance de cause. A mon humble avis, c’est le pays le plus favorable pour étudier en matière de coaching du football. Savez-vous que le coaching est une science en Argentine ? Honnêtement, ma présence en Argentine a été motivée par ce que je suis aujourd’hui. Il faut dire qu’avant mon départ, le 18 février 2011, j’avais eu la chance d’assister à un séminaire sur le foot organisé par la FHF et animé par Jean Berlin Hyppolite. Ça été une preuve que j’ai toujours rêvé de devenir entraîneur. En Haïti, plus précisément à Port-de-Paix, j’ai été fondateur et entraîneur d’une petite équipe de vacances baptisée, le FC Six hommes (2007 à 2010) », se souvient Alcel, marié et père de deux filles. Ses débuts en Argentine « Tout a commencé par un séminaire, organisé par le staff technique du club espagnol FC Villaréal, de passage en Argentine, dans la catégorie infantile. Pour l’occasion, j’avais obtenu mon premier certificat au niveau des jeunes. En passant, il faut avouer que ça été un séminaire pour tous les entraîneurs qui étaient encore à l’école. C'est mon cas. Au terme de ce séminaire de haut niveau où j'ai brillé de mille feux, j’ai été récompensé en obtenant mon premier boulot. J’ai passé trois ans à travailler au sein de club Atletico Provincial au niveau des enfants », a raconté fièrement le natif du Môle Saint-Nicolas. En plus du football juvénile, Alcel a aussi mis ses connaissances au profit d’une équipe universitaire. A ce sujet, il a fait savoir : « Je dirige une équipe universitaire constituée par des Haïtiens, des Mexicains, des Colombiens et des Argentins. C’est une équipe amateur ayant la structure d’une équipe professionnelle. Elle a un staff technique de haut niveau. Elle possède aussi un terrain d’entraînement et un staff dirigeant dûment qualifié. « L’idée de mettre en place cette équipe est venue de la communauté haïtienne en Argentine. C’est pourquoi l’équipe avait porté le nom des Haïtiens», a-t-il ajouté, tout en regrettant qu’il n’y ait pas de brillants footballeurs haïtiens là-bas. Que faut-il faire pour travailler dans le foot en Argentine ? Le journal argentin « Conclusion Diario », a récemment fait l'éloge d’Alcel qui a su se faire un nom en Argentine. L’Haïtien de 31 ans a laissé entendre : « Il n’est pas du tout facile de travailler dans le milieu footballistique argentin. Une connaissance poussée, la rigueur et la discipline sont de mise là-bas, et cela quelle que soit la catégorie. Il faut que vous soyez à la hauteur. Mon équipe joue dans la ligue baptisée : Association Rosarina de football. On ne fait que du foot juvénile dans cette ligue. C’est pourquoi, on ne joue pas pour dégager un champion. Cependant, on avait participé, en dehors de notre ligue, à une compétition régionale où nous étions revenus avec le titre de champion. Je tiens aussi à préciser que je suis l’unique étranger qui travaille dans cette ligue », a expliqué Alcel qui avait permis à deux Haïtiens de venir passer un test dans le foot argentin. Retour possible en Haïti Bien qu’admiré en Argentine, pour les beaux et loyaux services rendus, Alcel n’a cependant pas oublié ses racines. Accepteriez-vous de travailler dans le milieu footballistique haïtien ? Alcel a répondu : « Ce serait une énorme fierté de retourner au bercail afin de partager mon expérience et mon savoir-faire avec les jeunes talentueux footballeurs du pays. Cependant, cette décision ne dépend pas uniquement de moi. Si les dirigeants de la FHF veulent que je vienne, ils savent ce qu’ils doivent faire. Et si on est tombé d’accord, je serais prêt à revenir. Je rappelle que je suis un entraîneur qui a fait ses études à l’ATFA. J’ai entre mes mains le même papier que détient par exemple Tata Martino. En termes clairs, économiquement, tout doit être en place. Une fois fait, je serai disponible pour travailler au niveau des U-15 jusqu’au niveau de la sélection nationale », a clairement expliqué Alcel Faugues. De l’époque de Zubeldia à celle de la lutte intemporelle entre menottisme et bilardisme en passant par la révolution Yudica – Bielsa, les techniciens albiceleste ont permis d’écrire les plus belles pages de l’histoire du football sud-américain et mondial. A l’image de ses représentants européens qui s’offrent les lumières continentales (citons les Berizzo, Pochettino et autres Simeone), l’Argentine n’en finit plus de fournir les meilleurs techniciens au monde entier. Dans ce contexte-ci, n’y a-t-il pas lieu d’espérer et de se frotter les mains avec Alcel Faugues rien qu’en jetant un coup d'œil sur les résultats de certains entraîneurs étrangers à la tête de la sélection nationale de football ? On verra bien…