« Je suis revenu ici pour me consacrer entièrement au projet Enposib. J’ai terminé mes études en administration et en finance, je n’avais plus d’attaches là-bas », raconte Medjy pour expliquer son choix de revenir au pays après neuf ans d’absence. Une décision que plusieurs questionnent et ne comprennent pas, surtout que le groupe avait fini par établir un bon fanbase au Canada. Élève turbulent, Medjy a fait toutes ses classes à l’Institution Saint-Louis de Gonzague, mais a toujours su qu’il serait un musicien. « Quand j’étais plus jeune, je devais cacher mon keyboard. Mes parents ne voulaient pas entendre parler de cette affaire de musique. Je jouais tard le soir dans ma chambre quand j’étais sûr que toute la maisonnée dormait », raconte aujourd’hui le jeune homme, le regard clair et les lèvres fendues par un grand sourire. Enposib est lancé en 2012 après un début plus ou moins compliqué et pas trop certain pour Medjy Toussaint et Nicolas Millet, des amis de longue date. Mais aujourd’hui leur route est toute tracée. Enposib ou rien d’autre. « Nico et moi avons grandi ensemble. On s’entend très bien tant au niveau musical qu’au niveau amical. Nous sommes comme des frères. Enposib est notre projet à tous les deux et on prend soin de lui précieusement », révèle le jeune maestro. « On veut faire du groupe ''the next big thing'' dans le milieu musical haïtien. On a notre touche bien à nous, un son différent ; les sujets qu’on traite sont les mêmes mais notre formulation n’est pas la même que tout le monde », dit encore Medjy avec ce ton ferme de celui qui sait ce qu’il veut et sait exactement comment l’obtenir. Ce jeudi 21 juillet, à partir de 7 h pm, le groupe mené par la jeune vedette fera la vente-signature de son tout premier opus, à Asu, restaurant et club très prisé de l’hôtel Karibe. Après plusieurs singles sortis au cours des dernières années dont « Bo m sou 2 bò », « Down Down » et « Chay » mis en rotation le mois dernier, Enposib est finalement prêt pour présenter cet album de 11 chansons baptisé "Chay". « J’ai écrit presque toutes les chansons. Nico a composé et chanté ‘’Mete May’’, qui est l’un des plus beaux morcaux de ce CD d’ailleurs. Je dois aussi avouer que ce disque est dans mes tiroirs depuis deux ans : on n’avait pas assez d’argent pour le proposer au grand public », explique le jeune homme mardi matin dans les locaux de Ticket. Discipliné et fier de l’être, Medjy arrive avec 5 minutes d’avance à notre rendez-vous de 10 h. Son plus grand défaut ? Il est autoritaire et très catégorique. Son eau de Cologne discret n’embaume pas la pièce. Medjy est frais et alerte. D’habitude les musiciens ne sont pas aussi éveillés dans la matinée. Mais à la veille de cette vente-signature si importante pour le lancement de son groupe, il est au four et au moulin. Son téléphone sonne sans arrêt mais il reste calme. « J’ai beaucoup de responsabilités, je m’occupe de presque tout mais cela me va. C’est le crédo des jeunes groupes (rires) », assure l’ex-musicien de TNT qui était aussi connu sous le pseudonyme de Medjy Ayisyen quand il était à fond dans sa carrière solo. Le groupe a pourtant un manager, Alain Nicolas, basé au Canada, certes, mais qui sera présent à la vente-signature bien entendu. Il est, d'autres fois, aidé de Fito Farinen, ex-manager de CaRiMi. Enposib a aussi de nouveaux musiciens, déménagement oblige. « Pour l’instant je suis satisfait de l’équipe que j’ai, même si on a encore beaucoup à faire. Nixon est à la batterie, Nico à la guitare, Jean Ba à la basse et nous avons aussi un tambourineur et un percussionniste », précise t-il. Les mauvaises langues se plaisent à dire que la dissolution de CaRiMi devra profiter à Enposib. Medjy ne comprend rien à ces rumeurs. « La société Carimi possède 25 % de Enposib. C’est tout. Ils nous financent. Tout ce qu’on fait est possible grâce à eux. Mais ce n’est que du business. Le fait que le CaRiMi n’existe plus aujourd’hui n’a rien à voir avec Enposib et ne changera pas non plus la nature de notre engagement. Ce qui se passe à l’intérieur de CaRiMi ne concerne que CaRiMi et ce qui se passe au sein d’Enposib aura rapport à Enposib, point boule », affirme Medjy, qui assure que les musiciens du groupe aîné n’ont aucune touche sur cet album. « C’était la première condition pour faire affaire avec CaRiMi. Je prends des conseils, des suggestions mais personne ne touche à ma musique ! » 11 chansons aux rythmes variés dont 3 que nous connaissons déjà; des sujets pas tout à fait choc mais traités à la manière originale du groupe ; trois artistes invités et plusieurs chansons avec un bon potentiel : voilà ce que propose la bande à Medjy Toussaint dans ce tout premier disque. « Enposib a de grandes ambitions avec ce CD. Nous avons travaillé avec acharnement, même si cela ne fait que commencer. On espère que le public qui viendra nous voir jeudi sera satisfait et nous donnera tous les feedbacks nécessaires, bons et mauvais », dit le chanteur dans un franc parler naturel. « L’album sera vendu à 500 gourdes ou US $10. Si vous voulez avoir accès à la prestation d’une heure du groupe et à l’after party avec Dj K9, ce sera US $25 CD et poster inclus », affirme Medjy. Sur son compte Instagram, on retrouve des photos de lui au studio, au gym, à des soirées, avec ses amis et aussi avec ses nièces. Le – l’ex ? – Casanova, qui est dans une relation qui n’en est pas tout à fait une, adore les enfants. Il en veut trois, deux filles et un garçon. « J’aime beaucoup les petites filles. Elles sont gentilles et affectueuses. Mes nièces me le prouvent bien. Elles sont la prunelle de mes yeux. Je les adore », avoue Medjy, le regard soudain illuminé. « Je vais me dévouer à la musique pendant au moins les vingt prochaines années ! Mais après je veux être là pour mes enfants quand ils seront adolescents. C’est un âge difficile et ils auront particulièrement besoin de ma présence », conclut le chanteur vedette d’Enposib. À partir du mois de septembre 2016, préparez-vous à danser Enposib dans un club près de chez vous. Le groupe est de retour... en force !