« Un arbre est un système complet de panneaux solaires, de batteries intégrées avec "inverter"». Par ces mots le directeur exécutif de la Fondation Solidarité, l’agronome Joël Ducasse, a vanté les mérites de la biomasse qu’il définit comme le mode de stockage de l’énergie inventée par la nature. Elle contient de l’hydrogène, de l’oxygène, du carbone, de l’azote et des microéléments. En fournissant des détails et sur la composition et les multiples usages de la biomasse, l’agronome Joël Ducasse fait remarquer que même l’énergie fossile est encore de la biomasse qui a perdu de l’oxygène avec des hydrocarbures restants. « La biomasse a cette caractéristique de produire de l’énergie à partir du soleil et aussi de la stocker », a-t-il insisté. Les Haïtiens engloutissent quatre millions de tonnes de bois par an pour fabriquer du charbon dont 70 % de l’énergie produite est jetée par le paysan. « Par la gazéification, on peut utiliser deux fois moins de bois tout en produisant de l’électricité », a proposé Joël Ducasse, défenseur de la production agricole nationale et de l’utilisation des énergies renouvelables. À titre d’utilisation rationnelle de la biomasse, il garde en mémoire le fonctionnement de 27 usines en Californie utilisant 4 millions de tonnes de bois pour produire 28 mégawatts d’électricité 24 heures par jour. Les usines produisent de l’électricité, et le charbon devient un sous-produit. En considérant qu’une tonne de bois correspond à la production d’à peu près un mégawat d'électricité. Pour Haïti, quand on regarde le potentiel de la biomasse, elle peut être excédentaire même pour la consommation présente, selon les estimations de Joël Ducasse. L’expérience des Japonais, appelée Village Biomasse, où cette dernière est utilisée pour produire de l’hydrogène, est citée en exemple par le directeur exécutif de la Fondation Solidarité. Les japonais se dirigent vers une économie de l’utilisation en masse de l’hydrogène jusque dans l’automobile. « Le procédé est simple, puisque le gaz volatil qui se dégage du bois n’est autre que de l’hydrogène et du monoxyde de carbone, les techniques de captation ne sont pas coûteuses », a expliqué l’agronome Ducasse. En fonction de ce qu’on a dans le pays en grande quantité il y a moyen de capter. En termes de mesures pour développer le potentiel énergétique du pays, Joël Ducasse indique, entre autres, qu’on peut tout simplement développer, rentabiliser, organiser la consommation de la biomasse. « L’énergie de cuisson représente plus de 2/3 de l’énergie consommée en Haïti, l’électricité ne représente que 2% de l’énergie totale consommée », a rappelé l’agronome Joël Ducasse pour qui il y a moyen d’améliorer l’efficience en produisant de l’alcool cellulosique. Dans une plantation de maïs ou de sorgho, c’est seulement 5 % qui est utilisée pour les grains.