1992, Haïti-Bermudes, match retour comptant pour la qualification à la Coupe du monde de 1994. Le second but de Charles Eliazar est un modèle de but à enseigner dans les écoles de football. Bermudes occupe le camp sud du stade Sylvio Cator ; Robert Denis, rentré en cours de jeu, se glisse sur le flanc droit. Son centre trouve Charlitte Eliazar à l’entrée du carré de réparation, son contrôle est impeccable, ponctué d’un fulgurant tir sous la transversale. La spontanéité de son geste amène le score à 2-1 en faveur d’Haïti. Mais c’est insuffisant !
1982, Espagne, fièvre du Mondial. Le Brésil va céder devant une surprenante formation italienne. Mais dans ma mémoire restent incrustés les deux buts signés Socrates et Falcao. Le premier but égalisateur : le docteur, avec son élégance légendaire, s’enfonce dans le carré de réparation. Dino Zoff ferme l’angle au premier poteau, malgré tout le tir à ras le sol de Socrates à ce même endroit le surprend. Les brésilistes (néologisme dû à Renan Michel, journaliste sportif) tiennent rigueur à Toniño Cerezzo qui, au moment de relancer, passe maladroitement la balle dans le dos de Junior. Ce dernier ne suivent pas. Paolo Rossi à l’affût récupère et est trop heureux de s’en aller battre Valdir Perez. Or, c’est ce même Cerezzo qui intelligemment embarque sur la droite deux défenseurs italiens –créant ainsi une fausse piste- et ouvre, par son jeu sans ballon, le chemin des filets gardés par Dino Zoff à Falcao. Le Brésil égalise 2-2. La suite fait partie de l’Histoire.
1976 : ailleurs j’ai rappelé comment le trio Wilner Nazaire, Charles Vorbe et Emmanuel Sanon délivre Haïti le 11 décembre au stade Sylvio Cator devant un Cuba qui filait vers la qualification. Cette fois-là, le passeur mérite des dragées tout autant que le finisseur !
1978 : Coupe du monde, petite finale Brésil-Italie, Neliñho, arrière-droit, fait une centre-tir qui surprend Dino Zoff d’une part, et d’autre part, Jorge Pinto Mendoza amortit la balle de la poitrine. Il la laisse pour Dirceú Lopez Guimaraës dont la reprise de volée fait mouche. Le Brésil remporte la partie : 2-1, et décroche la troisième place.
2002 : Corée du Sud-Japon, Coupe du monde, huitième de finale Belgique-Brésil, camp sud, sur le flanc droit, Ronaldiñho d’un geste élégant sert Rivaldo dont le contrôle est superbe et le tir victorieux. Brésil 1-Belgique 0. En finale, camp nord, sur passe de Kleberson, le jeu sans ballon de Rivaldo met Ronaldo sur orbite. Malgré le retour en catastrophe de Gérald Asamoa, le miraculé ne pardonne pas à Oliver Kahn. Dans le coin gauche de la cage de ce dernier, il place la balle.
Je ne veux pas donner l’impression que les plus beaux buts sont brésiliens. Au mondial français de 1998, Hollande-Brésil, on a vu venir l’égalisation de Patrick Kluivert. Ce dernier s’y essaya en plusieurs fois et sa combativité a été récompensée. Sa surprise de la tête trompe Claudio Andres Taffarel, Hollande 1-Brésil 1. Dire que Kluivert a de la classe, c’est peu dire. Il fut un temps où on lui prédisait un bel avenir, pareil à celui de Ronaldo. Souhait qui n’était pas surfait !
L’énumération n’est pas exhautive. D’ailleurs, dans ces lignes je ne fais que dévoiler mes préférences. Le lecteur a les siennes, de sorte que chacun peut se livrer rétrospectivement à cet exercice, et même entreprendre la démarche inverse : les parades déterminantes des gardiens de buts, ce qui influe sur l’issue d’une partie. Vous me voyez venir, les gardiens de but méritent tout autant notre respect en tant qu’admirateur du ballon rond. Et si l’on se livrait à un rappel de leurs prouesses ? Bonne idée. À vos pages !
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