Dans le football américain, la dénomination des «teams» m’a toujours amusé ; sans doute faut-il puiser dans l’histoire de la ville ou de létat pour trouver l’origine (de l’appellation) des Red Skins de Washington, des Giants de New York, des Buccaneers de 'Tampa Bay, des 49ers de San Francisco, etc. Il y a dans chaque appellation la manifestation de toute une culture. Néanmoins, je ne me suis jamais attardé là-dessus, me contentant du constat. Sur le terrain de jeu, le «defender», le «quaterback» ou le «striker» sait qu’il défend une tradition, celle de «gagner», de réussite des Peaux-Rouges, des Géants, des Boucaniers, etc. Dans le basketball, chaque équipe est porteuse d’une réputation d'efficacité et perpétue une tradition d’excellence. La belle équipe de Chicago des Jordan et Cie des années 1990 symbolisait les Bulls ; Patrick Ewin, John Starks… portant les couleurs de New York perpétuaient la vaillance des Knicks. Les Lakers de Los Angeles symbolisent l’angélisme, la candeur ; Portland étrenne la marque des Trail Blazers. Phoenix fait briller le soleil (The Suns) ; Seattle va à la vitesse du son (Supersonics). Boston affiche son origine celte de peuplement (The Celtics) ; Indiana prolonge la lignée des «Pacers», etc. Le réflexe identitaire ne se limite pas au football américain et à la NBA, il se retrouve dans la Premier League anglaise. Ce qui me surprend. Quelle en est la raison ? Réponse qui me fuit. Pourtant, la réalité nominative de clubs anglais est là. Sans doute, le supporteur est imprégné de la signification profonde du nom de son club favori, il n’ignore pas le symbole qui y est attaché. Arsenal où évolue le Français Thiery Henri, s’assimile aux Gunners. Ne me demandez pas le sens, sont-ce – de petits robots – tueurs ou de petits monstres mécaniques qui sèment la pagaille dans un espace fermé et qui peuplent avec frayeur l’imaginaire des télé-enfants ? Je n’en sais rien. 2.- Manchester United porte la couleur rouge pour symboliser les Red Devils (les Diables Rouges) 3.- Liverpool est aussi tâché de rouge sans : les Reds. Est-ce à dire que l’équipe joue sous le signe de la flamme ? 4.- Chelsea porte le bleu en triomphe : les Blues. 5.- Wolverhampton sort du bois, ce sont les Loups. 6.- Bolton a une tradition d’errance, le club a été baptisé «Bolton Wanderers». Ce n’est pas flatteur ! Vous pouvez, si vous le voulez, prolonger l’énumération. À force de suivre saison après saison la Premier League sans déplacement par la magie du petit écran, vous avez fini par acquérir et même vous approprier toute la culture du football anglais. Le sport facilite – c’est évident – la connaissance des peuples. Le rapprochement des peuples, n’est-ce pas l’une des vertus ? Affirmatif.