Le Panama, le Costa Rica et la Colombie font face, depuis l'année dernière, à l'accumulation de milliers de migrants sur leur territoire, principalement des Haïtiens et des Africains, en raison de la fermeture de la frontière du Nicaragua. Le Panama a mis en place des abris temporaires pour les Haïtiens en transit vers les États-Unis. Jusqu'à la fin du mois d’août, selon les autorités panaméennes, une assistance humanitaire a été fournie à quelque 9 000 migrants irréguliers, des Haïtiens, des Africains et pour la plupart des Cubains. Le Panama a fermé sa frontière terrestre avec la Colombie pour empêcher ce flux, mais les migrants irréguliers continuent d'arriver traversant la jungle inhospitalière de Darien, malgré les risques du voyage.
Le Panama « proactif » à New York
Dimanche, lors d'une réunion avec le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, à New York, les médias panaméens ont annoncé que le président Juan Carlos Varela a demandé à l’ONU de soutenir la transition démocratique en Haïti ainsi que l’économie du pays le plus pauvre de l’hémisphère. Pour freiner, ont précisé ces médias, l'afflux massif des migrants qui quittent Haïti et traversent l'Amérique centrale dans leur périple vers les États-Unis.
"Les deux dirigeants ont également discuté de l'importance d'accorder plus d'attention aux causes de ces flux", a informé le gouvernement panaméen dans un communiqué.
En outre, selon des sources officielles, le président du Panama a convenu avec son homologue du Costa Rica, Guillermo Solis, ce lundi, de tenir une réunion de sécurité en octobre pour traiter de la crise humanitaire provoquée par la vague de migrants bloqués en Amérique centrale depuis la fin de l'année dernière.
Les deux dirigeants, qui ont tenu une rencontre bilatérale dans le cadre de la 71e Assemblée des Nations unies qui a lieu cette semaine à New York, ont décidé d'organiser la réunion binationale dans la province panaméenne du Chiriqui, à la frontière du Costa Rica, a déclaré le ministère costaricain de la Communication dans un communiqué. La date de cette réunion reste encore à déterminer.
Les dirigeants se sont également mis d'accord sur la nécessité de soutenir le processus électoral en Haïti et d’accompagner le nouveau gouvernement qui sera élu afin de répondre aux causes de la migration extrarégionale pour les pays du Nord.
Du côté du ministère haïtien des Affaires étrangères, c'est le silence total. Pas un communiqué de presse annonçant le départ du chancelier haïtien à New York pour participer à cette 71e Assemblée générale, encore moins sur son agenda ni sur les bilatérales auxquelles il prendra part. Pierrot Delienne avait tout juste annoncé, lors d’une réception donnée par l’ambassade du Brésil, le 7 septembre dernier, qu’il se rendait aux Nations unies pour défendre la migration haïtienne.
Adoption de la Déclaration de New York
Réunis en sommet ce lundi au siège de l'ONU à New York, des dizaines de dirigeants du monde ont adopté une déclaration dans laquelle ils s'engagent à protéger les droits des réfugiés et des migrants, à sauver des vies et à partager la responsabilité du soutien et de l'accueil de ces réfugiés et migrants.
Selon le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans son discours d'ouverture, la Déclaration de New York adoptée par les États membres des Nations unies signifie que « davantage d'enfants peuvent aller à école, davantage de travailleurs peuvent en toute sécurité chercher un emploi à l'étranger, au lieu d'être à la merci de passeurs criminels ».
A travers quelques-uns des engagements contenus dans la Déclaration, les pays signataires s’engagent notamment à : protéger les droits fondamentaux de tous les réfugiés et migrants, indépendamment de leur statut ; soutenir les pays secourant, recevant et accueillant un grand nombre de réfugiés et de migrants ; condamner fermement la xénophobie à l'encontre des réfugiés et des migrants et soutenir une campagne mondiale pour lutter contre cette xénophobie ; améliorer la distribution de l'aide humanitaire et de l'aide au développement pour les pays les plus touchés, notamment par le biais de solutions financières multilatérales innovantes, avec l'objectif de combler tous les déficits de financement ; mettre en œuvre une réponse globale pour les réfugiés, fondée sur un nouveau cadre qui définit la responsabilité des États membres, des partenaires de la société civile et du système des Nations unies, chaque fois qu'il y a un grand mouvement de réfugiés ou une situation de réfugiés prolongée.
En adoptant la Déclaration de New York, informe le communiqué des services de presse onusiens, les États membres se sont aussi engagés à entamer des négociations menant à une conférence internationale et à l'adoption en 2018 d'un pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulière, à élaborer des lignes directrices sur le traitement des migrants en situation de vulnérabilité, et à parvenir à un partage plus équitable de la responsabilité de l'accueil des réfugiés dans le monde en adoptant un pacte mondial sur les réfugiés en 2018.
Lors du Sommet, l'ONU et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont également signé la nouvelle convention par laquelle l'OIM devient une organisation apparentée des Nations unies, renforçant ainsi l'approche globale en matière de migration.
Sources combinées
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.