« L’information financière est produite par le chef d’entreprise et assistée par un cabinet. Chacune de ces deux entités a des responsabilités spécifiques. Il ne faut pas mélanger les étapes. Le chef d’entreprise donne des informations régulières et fidèles de ses activités.» Par ces mots, le Dr Jean-Marie Momo, expert-comptable, formateur, a mis en relief l’importance et la pertinence de l’information financière quand elle est produite par des personnes qualifiées.
L’expert-comptable camerounais séjourne en Haïti dans le cadre d’une formation de l’Ordre des comptables professionnels agréés d’Haïti (OCPAH). Le Dr Jean-Marie Momo qui s’exprimait, jeudi soir, à l’hôtel Montana, à la conférence inaugurale de la semaine de l’OCPAH a fait ressortir les nuances dans la production de l’information comptable. « Le cabinet va vérifier si les principes comptables ont été respectés. Si cela conduit à une sincérité financière. Ce prérequis est développé lui-même par le chef d’entreprise. »
Le comptable est très concerné dans son travail pour la validation de l’information financière. Une fois que celle-ci est validée, elle est produite par le chef d’entreprise et peut permettre à l’État d’asseoir ses impôts, ou à l’entreprise d’obtenir du financement. « L’information financière permet à l’entreprise de connaître ou de faire connaître son poids économique dans un pays », a insisté le Dr Momo. Il ajoute que l’information financière est pertinente, capitale dans le développement des entreprises d’un pays. Haïti ne fait pas exception. « C’est à travers les infos des entreprises, explique-t-il, qu’on calcule le PIB d’un pays qui lui vaut sa place dans le monde par rapport aux autres pays ».
Le Dr Jean-Marie Momo avance que l’État a sa part de responsabilité dans la pertinence de l’information financière. Tous les acteurs doivent être en phase avec la pertinence de l’information financière. Une fois que l’information financière est validée, elle permet à l’entreprise d’avoir accès au financement.
En faisant le point sur les activités commémoratives de la Saint-Mathieu, patron des comptables, le président du conseil de l’OCPAH, Edouard Clément, justifie le thème de la conférence. « Le choix du thème est guidé par l’importance de l’information financière dans la croissance économique ou le développement d’un pays en général et celui d’Haïti en particulier », a confié Edouard Clément. Pour lui, l’information financière de bonne qualité est l’apanage du professionnel comptable bien formé, intègre et respectueux de l’éthique de la profession.
Etant donné que l’OCPAH est membre de l’IFAC (International Federation of Accountants), organe mondial de référence en matière de comptabilité, qui édicte les règles de conduite que le professionnel comptable doit suivre impérativement. L'évaluation des pratiques comptables en Haïti faite par la Banque mondiale a permis de produire des recommandations. « Deux recommandations majeures proposent de revoir le cadre juridique de l’OCPAH et renforcer ses capacités », a indiqué le président du conseil de l’OCPAH. Cet organisme professionnel a procédé à la révision du cadre juridique. Nous avons élaboré un avant-projet de loi qui doit être soumis à l’appréciation des membres avant d’être proposé au gouvernement et au Parlement pour ratification.
Quant au renforcement de capacité, c’est la formation dont une spéciale sur les normes non enseignées dans les universités haïtiennes. Avec ses plus de 400 membres qui sont conformes avec les règlements de l’OCPAH, l’organisme finance ses différentes activités avec la cotisation de ses membres. Au lieu de parler de la Saint-Mathieu, patron des comptables, les responsables ont préféré dédier une semaine à la profession dite la semaine de l’OCPAH.
Pour sa part, Mirlande Ménager-Pierre, conseillère de l’Ordre a affirmé que les séances de formation continue vont poursuivre comme à l'accoutumée ordinairement. Les membres ont l’obligation d’avoir 45 heures de formation par année. L’OCPAH, dit-elle, souhaite aller le plus loin possible en tenant compte du dynamisme et des mutations observés dans le domaine.
Jimmy Robuste, trésorier du conseil, a, de son côté, précisé que la formation continue des membres de l’Ordre rentre normalement dans le plan d’action soumis à l’IFAC. L’OCPAH, pour réaliser ces séances de formation débutée depuis 2015, a bénéficié d’une subvention de la Banque mondiale. On a fait venir des spécialistes de la profession de France ou d’autres pays. L’OCPAH, souligne-t-il, se donne pour mission d’améliorer le niveau de la profession.
Dans le cadre de la commémoration de la semaine de l’OCPAH placée sur le thème « L’information financière au service de la croissance économique d’Haïti », l’Ordre des comptables professionnels agréés d’Haïti (OCPAH) a clôturé, le mercredi 21 septembre, une séance de formation continue débutée le 12 septembre dernier.
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