« C’est par respect à tous ceux qui souffrent- et luttent- que nous avons voulu que, cette année, notre Fête Nationale soit plus sobre », a fait savoir l’ambassadeur Manuel Lorenzo assurant les autorités haïtiennes de la solidarité sincère du peuple espagnol. « Nous nous solidarisons […] avec les autorités haïtiennes et tous ceux qui travaillent sans relâche, aujourd’hui même, pour sauver la vie de leurs compatriotes », a déclaré ensuite ce dernier estimant trop nombreuses les victimes de l’ouragan Matthew et terribles les dégâts enregistrés.
En marge de la célébration de la fête nationale espagnole le 12 octobre dernier, date qui coïncide avec l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique en 1492, deux avions en provenance du Panama et de l’Espagne ont atterri à Port-au-Prince avec leur bord 25 tonnes d’aide humanitaire « espagnole » d’urgence. « Principalement deux stations pour produire de l’eau potable à grande échelle, ce qui est devenu notre aire d’expertise, mais aussi avec du matériel sanitaire, des médicaments, etc. », a précisé le représentant officiel de l’Espagne en Haïti.
Le premier avion, arrivé de Madrid le mercredi 12 octobre, contenait 12 tonnes d'aide humanitaire (jerrycans, moustiquaires, bâches et matériel pour l'eau potable, médicaments, etc) d'une valeur de 221.899 d’euros, fournies par les ONG espagnoles comme la Croix-Rouge, Médecins du Monde et Oxfam Intermon.
Dans le second vol, organisé conjointement avec le Programme Alimentaire Mondial, 13 tonnes de stations d’équipement de purification de l'eau d'une valeur 243.136 d’euros, fournies par l'Agence espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AECID), ont été envoyées en Haïti à partir de son centre logistique au Panama.
Le coût total de ces deux opérations est de 465.035 d’euros.
En temps normal, la coopération espagnole se concentre surtout dans les secteurs d’eau et d’assainissement, d’éducation, de formation professionnelle, de pèche et d’agriculture. « […] Avec Haïti, nos relations sont […] excellentes. Nous aspirons à porter les relations haïtiano-espagnoles à un niveau supérieur dans tous les domaines et, notamment, celui de la culture et de la coopération […] », a déclaré Manuel Lorenzo.
Par ailleurs, a-t-il ajouté, cette fête nationale a lieu après une année politiquement complexe pour l’Espagne qui a dû organiser deux élections générales et la formation d’un nouveau gouvernement se dessine lentement. « Heureusement que cette complexité politique n’a pas entravé la marche normale du pays », se réjouit Manuel Lorenzo se référant à la croissance économique espagnole, la plus forte croissance de toutes les économies de la zone euro, la diminution du taux de chômage ainsi qu’à l’acheminement vers un possible record de visites touristiques supérieures à 72 millions.
En ce qui concerne Haïti, Manuel Lorenzo estime qu’il est malheureux que l’ouragan Matthew soit responsable non seulement d’avoir semé la destruction, mais aussi d’avoir forcé le CEP et le gouvernement à repousser les élections prévues, auxquelles tant d’efforts ont été consentis. « Nous souhaitons au peuple haïtien que des élections libres, transparentes et justes puissent finalement avoir lieu. Beaucoup d’amis ici présents et nous-mêmes avons accompagné ce long processus électoral depuis le début et nous aimerions que les journées électorales à venir puissent se dérouler sans incidents ni polémiques-sur les résultats : qu’elles soient des journées joyeuses de fête démocratique et d’espoir pour l’avenir », a indiqué le diplomate espagnol.
« Seules des élections honnêtes et crédibles pourront donner à Haïti un nouveau président élu avec la légitimité et l’autorité nécessaires pour rassembler le pays sur la voie d’un avenir prometteur et stable », a-t-il poursuivi prônant la stabilité politique comme facteur pouvant contribuer à la croissance économique d’Haïti. « Il faudrait que la force de l’union devienne une réalité aussi en temps de paix », suggère Manuel Lorenzo, l’ambassadeur espagnol accrédité en Haïti.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.