David Tilus, président du GAFE, en procédant à l'ouverture du Village Alternatiba 2016 n'a pas caché sa satisfaction d'avoir tenu le pari d'organiser cette activité malgré le passage de l'ouragan Matthew.
Le maire de Kenscoff, Estimé Nadal, s’est dit fier d’accueillir la 2e édition d’Alternatiba. « Kenscoff a besoin de ces moments de réflexion », a-t-il déclaré, précisant que sa commune est très hospitalière. Nichée à environ 1 500 mètres sur les hauteurs de Port-au-Prince, Kenscoff bénéficie d'un climat frais, ce qui contraste un peu avec la chaleur étouffante à laquelle les riverains de l’aire métropolitaine sont accoutumés.
« Pour la survie de notre planète et de nos enfants, il faut trouver des solutions aux problèmes environnementaux », a précisé l’édile de Kenscoff qui s’est montré très engagé à la cause environnementale. À l'instar de l'ambassadeur d'Allemagne accrédité en Haïti, Manfred Auster, qui ne prend jamais de sacs en plastique quand il fait les courses. C'est sa façon à lui, dit-il, de «faire quelque chose». En fait, le diplomate germanique, qui a pris la parole à l'ouverture de l'événement, croit que « chacun de nous peut faire quelque chose.»
La première des quatre tables rondes programmées pendant le Village s’est déroulée le vendredi 21 octobre à 4 h p.m. autour du thème: "Le rôle des médias face aux changements climatiques". Trois personnes-ressource dans les domaines du cinéma, des radios communautaires et presse écrite sont intervenus et ont mené le débat avec l´assistance.
Pharès Jérôme, assistant secrétaire de rédaction à Le Nouvelliste, également professeur de journalisme à l’université, est intervenu sur l’importance des médias dans un monde en réchauffement. « Le journalisme axé sur les changements climatiques peut protéger les hommes et promouvoir un développement durable en donnant des infos exactes, pertinentes et fournies en temps voulu », estime Pharès Jérôme. Selon lui, le renforcement de la capacité des médias à couvrir les changements climatiques peut aider le pays à planifier et mettre en œuvre des politiques publiques.
Les tables rondes se sont poursuivies le lendemain samedi avec une deuxième sur le « rôle et la responsabilité des élus locaux face aux changements climatiques » ; une troisième sur les « Femmes face aux changements climatiques » et la quatrième et dernière présentée par le campus Henry Christophe de Limonade autour du thème « Entre recherche et formation, l'université au cœur de la proposition d'alternatives aux changements climatiques adaptées au contexte haïtien. »
Durant toute la journée de samedi, les exposants ont présenté leurs solutions alternatives sur une trentaine de stands le long de la route Mevs de Kenscoff. Une programmation riche d’animations environnementales pour les petits et les grands, des projections de documentaires, la publication d’un répertoire des initiatives environnementales en Haïti ont essentiellement constitué le menu de cette 2e édition du Village dont les mots de clôture ont été prononcés par le ministre de l´Environnement, Simon Dieuseul Desras. Quant aux organisateurs, ils donnent rendez-vous l´année prochaine au public pour une 3e édition du Village Alternatiba.
Alternatiba (« Alternative », en basque) est un processus de mobilisation de la société face au défi du changement climatique. Dans plus de quatre-vingt villes de France et d'Europe, des événements festifs Alternatiba ont été réalisés en 2015 et 2016. Des centaines d'alternatives y sont présentées pour susciter des prises de conscience et des changements de comportements aux décideurs. Le Village Alternatiba de Kenscoff est le seul du genre qui se déroule hors d'Europe.
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