Artisanat en fête est sans conteste la célébration la plus grandiose qui existe pour les artisans haïtiens depuis 2007. Quand Martine Blanchard, directrice générale de l’Institut de recherche et de promotion de l’artisanat haïtien (IRPAH), a décidé de s’associer à Le Nouvelliste pour offrir cette belle opportunité aux artisans, l’initiative était louable et le secteur en avait plus que besoin. 10 ans plus tard, l’industrie est beaucoup plus structurée et plusieurs grands talents ont émergé et ont fait leur preuve. « Sandilou Textile » en est un grand exemple. Sandra Russo, quinquagénaire, est une coquette dame au sourire facile. Propriétaire de « Sandilou Textile », elle est dans l’industrie du textile depuis maintenant trente ans. « D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours évolué dans l’industrie du textile. J’ai fait mes débuts avec Fred Bernard même si c’était presque une usine. On avait des tonnes et des tonnes de textiles et on imprimait les motifs dessus. C’était une vraie usine », raconte Sandra Russo dans les jardins de l’hôtel Marriott. Depuis 4 ans Sandra et son mari ont créé « Sandilou Textile », un atelier qui se trouve à Delmas 64. « On fait de la teinture sur le textile. Je dessine les croquis à la main mais le plus souvent on ne suit pas vraiment le design créé. On est libre. On est des artistes. Sur le textile, les erreurs sont des acquis. On doit être souple, créatif et patient », explique la designer. « Sandilou fait des robes, des foulards, des coussins, des sacoches, etc. Cette année, on présentera une nouvelle collection assez intéressante. J’ai été voir Mosaïque Gardère et je leur ai demandé l’autorisation d’utiliser les anciens modèles de mosaïques, ils sont d’accord. Donc, les produits qu’on présentera auront les teintures et les impressions des dessins d’anciennes mosaïques. J’ai vraiment hâte que les gens voient ces nouvelles pièces », avoue celle qui croit que chacun doit suivre sa voie et s’y adonner à cœur ouvert. Présente sur le panel de la conférence de presse, Sandra en a profité pour remercier les organisateurs d’Artisanat en fête pour l’initiative qui, depuis 10 ans, met en vedette le travail exceptionnel des artisans. « Je ne cesserai de dire merci à IRPAH et à Le Nouvelliste pour cette grande foire traditionnelle. Merci pour les artisans qui en avaient besoin et pour les apports positifs de la foire sur notre travail », dit l’artisane qui en est à sa huitième participation à Artisanat en fête. « Samedi et dimanche, les artisans auront la chance non seulement d’écouler leurs stocks, mais aussi de faire des contacts, de rencontrer des gens, des nouveaux clients qui apporteront avec eux de nouvelles opportunités. C’est un lieu d’échange extraordinaire », continue Sandra. « Les ventes sont toujours bonnes à Artisanat en fête. Je ne peux pas me plaindre. La foire m’aide à me stimuler. Je sais que chaque année je ne peux pas présenter les mêmes choses. Donc je réfléchis, j'imagine de plus en plus de belles choses, prends plus le soin de la finition des produits et à chaque fois c’est un bon succès », affirme Sandra Russo, qui lance un appel général aux acheteurs, aux visiteurs et aux touristes. « Venez apprécier l’artisanat haïtien. Venez encourager les artisans. Oui, des fois les oeuvres sont chères mais il faut comprendre que l’artisanat est une question d’humain. Ce ne sont pas des machines qui impriment à la chaîne. Il faut toujours prendre le temps de comprendre cela avant de demander de réduire les coûts. Quand vous allez au market, vous ne demandez pas de rabais. Vous achetez au prix affiché. L’artisan a besoin de vous pour se valoriser. Faites en sorte que son produit soit un objet de grande valeur », conclut Sandra Russo, qui donne rendez-vous ce week-end au Parc Historique de la Canne à Sucre.