Contrairement aux autres scrutins caractérisés habituellement en Haïti par des événements malheureux, la journée du 20 novembre 2016 doit être considérée comme une réussite. Bonne planification des opérations électorales, condition sécuritaire satisfaisante, présence disciplinée des mandataires des partis politiques et des observateurs électoraux sont en quelque sorte les points positifs qui ont facilité le succès de cette journée tant attendue.
Que l’on soit dans un pays à tradition d’élections démocratiques ou dans un régime inorganisé comme celui pratiqué en Haïti, les partis politiques ont la liberté d’exercer leur recours devant les instances juridictionnelles prévues à cet effet en cas d’insatisfaction pour cause d’irrégularités, de manquements ou de violation de la législation en vigueur. Ce recours ne peut être exercé qu’après la publication des résultats préliminaires des élections du 20 novembre 2016, à la suite de la tabulation des votes. Il demeure entendu qu’un parti politique, respectueux de la loi, doit attendre l’étape décisive pour entreprendre cette démarche nécessaire pour faire valoir ses réserves conformément à la procédure y relative.
Avec ou sans preuves, un parti politique en lice dans la course électorale a le droit de saisir le Bureau du contentieux électoral départemental (BCED), après la publication des résultats préliminaires des élections du 20 novembre dernier. Il revient au tribunal électoral de déterminer la justesse de l’argumentation soulevée par ce parti. De donner suite ou de rejeter le recours exercé à cet effet. En tout état de cause, il est malséant pour une formation politique de vouloir enclencher la violence et de montrer la volonté de saisir l’organe contentieux pour insatisfaction.
Partout ailleurs à travers le monde, la publication des résultats des élections est toujours signe d’émotion, de tension et dans certains cas de turbulences politiques. Tous les acteurs sont dans l’attente de la publication de ces résultats. Si certains sont confiants, d’autres, craignant la défaite, restent sceptiques. Jean Henri Céant et Clarens Renois, deux candidats en lice, ont déjà accepté leur défaite. La presse internationale suit de près le déroulement du processus. Après le succès de la journée électorale du dimanche, notre pays n’a pas fait la une de la presse internationale, car il n’y avait ni violence ni sabotage du processus. Cette fin de semaine, les agences mondiales d’information vont mettre le pays sous les feux des projecteurs, en prévision de la publication des résultats de ces joutes.
Les mauvais perdants prendront-ils enfin conscience que le pays ne peut plus se permettre de vivre une nouvelle crise postélectorale susceptible d’empêcher la planification de son développement ?
Lemoine Bonneau
lbonneau@lenouvelliste.com
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