Le sport prend de jour en jour plus d’espace dans la vie courante. Au centre de certains débats sociaux, on s’appuie sur le vocabulaire sportif pour mieux vendre une idée ou pour canaliser une stratégie. On utilise parfois un terme ou un thème sportif pour faire passer un message ou pour éviter de prononcer un mot ou une phrase qui dérange. Par exemple, on ne joue pas un match seulement sur un terrain de foot ou de tennis. Car on emploie aujourd’hui le terme match dans le jeu politique et même sur le ”terrain sentimental”.
La scène sportive nous éloigne parfois des tracasseries que nous imposent les querelleurs de toutes les espèces. On met l’accent sur la vie chère, sur l’escalade de la violence et sur d’autres emmerdements qui alimentent le bassin de l’incertitude. Mais quand résonne le premier coup de sifflet d’un mondial, les inconditionnels footeux ont l’esprit fixé sur les gradins et sur le petit écran. Le samedi 3 décembre 2016, par exemple, même dans les régions où la guerre fait rage, certains soldats ou rebelles avaient probablement les yeux rivés sur le Nou Camp où se déroulait le sommet FC Barcelone – Real Madrid, la monumentale affiche planétaire depuis environ une décennie dominée par la dualité Messi – Ronaldo. Car le sport n’a pas de frontières.
Dans le sport, on est adversaire mais pas ennemi. Une image enregistrée lors du dernier classique du football espagnol le prouve. À la suite d’un contact Marcelo-Inesta, le Brésilien au tapis tendit les bras à l’Espagnol qui l’aida à se relever. Vive le fair-play ! Ce double geste met en évidence l’étendue de la sportivité même au cœur d’un match au sommet couronné par une rivalité qui atteint les secteurs les plus reculés de la planète.
Au début des années 60, une crise politique majeure au Brésil faisait la une de tous les journaux du monde. Mais les envoyés spéciaux constataient à Rio, à Sao Paulo, à Bahia et à Porto Alegre notamment que les principaux commentaires des Brésiliens touchaient particulièrement le choc Santos-Botafogo animé par le face-à-face Pelé – Garrincha. Car le football était roi au Brésil même à l’époque de la dictature.
Le sport n’a donc pas de frontières. Les Jeux olympiques illustrent l’esprit qui existe au village où sont rassemblés les athlètes de toutes les races, de toutes les idéologies, de toutes les religions. Aux Jeux de Montréal en 1976, Alberto Juantorena exposa l’attachement des athlètes cubains au Lider Maximo en ces termes : ”Ma médaille est pour Fidel”. L’immortel Fidel en a récolté des centaines dans sa longue et prestigieuse carrière de révolutionnaire et d’homme d’État.
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