Après avoir perdu son épouse pendant l’intersaison (17 novembre 2015 dans un accident de voiture), puis son père le 26 septembre 2016 en pleine série de clôture, le capitaine de l’Aigle Noir porte depuis dimanche le sentiment d’avoir contribué à la relégation de son équipe. C’est pourtant lui qui de retour à la compétition à cause d’une série d’ouverture calamiteuse de l’Aigle Noir sonnait la révolution en réussissant un doublé aux dépens du Don Bosco. C’est à partir de sa motivation comme capitaine que son club a eu une série de clôture plus ou moins réussie jusqu’à jouer le titre lors de la dernière journée. C’est lui qui jouant le relais entre le staff technique et l’équipe a su motiver ses coéquipiers pour l’obtention de cette victoire indispensable. C’est donc naturellement à lui que l’entraîneur avait confié la mission de transformer le penalty puisqu’il en est le spécialiste. Cependant, l’enjeu de la partie, le souci de bien faire lui a fait envoyer sa balle sur la barre transversale et manquer le penalty. « C’est l’un des jours les plus sombres de ma vie après la perte de mon épouse et la mort de mon père. J’ai vécu un vrai calvaire en tant que capitaine d’avoir manqué le penalty. En concentration, j’ai motivé l’équipe sur l’enjeu de cette rencontre et le fait que nous devions gagner ce match. Quand j’ai manqué le penalty, c’est comme si mon univers s’effondrait. Moralement parlant, je n’étais plus dans le match », explique-t-il 48 heures après la rencontre Du coup, le courageux capitaine se voit dans l’obligation de réviser ses plans. « J’avais planifié de mettre fin à ma carrière à la fin de cette saison. Maintenant que je me sens concerné par la relégation de l’Aigle Noir, je ne me sens pas capable de partir sans contribuer à sa remontée. Aussi, j’ai décidé de mettre ma retraite en veilleuse et de rester disponible au cas où l’Aigle Noir aurait besoin de mes services.» Né aux Gonaïves en mai 1984, Guilliano Philippe est l'aîné des 5 enfants de Delanaut Philippe et Réjeanne. Il débute dans le football dans les rues des Gonaïves dans de petites équipes de son quartier avant d’être retenu pour faire partie de l’Opération 2006. Là, Guilliano explose au point qu’à un certain moment, on parlait même d’un éventuel transfert à Lens. Cependant, les footballeurs haïtiens ne sont pas vraiment connus à l’époque et certains envisageaient de tirer grand profit de ce transfert. Guilliano est renvoyé à ses cahiers. Ses frères (Almando et Malachy) et ses sœurs (Michelle et Gadieula) qui savaient tous jouer au football ont tout simplement négligé leur ballon après le retour au bercail de Guilliano. Aujourd’hui, son petit frère Malachy est pasteur protestant et les autres vaquent à d’autres activités. Veuf depuis le 17 novembre 2015, Guilliano est père de 3 enfants (Kenzar Marie Laura Philippe, Karel Rovenosky Philippe et Stacey Marie Laura Philippe). « Depuis le jour où j’ai eu conscience de mon existence, il y avait un ballon de football. Graduellement, j’ai intégré les petites équipes du quartier avant d’être enfin retenu d’abord pour représenter les Gonaïves dans les compétitions de détection pour l’Opération 2006 et enfin être seul représentant du haut Artibonite retenu finalement par Maxime Auguste à l’époque. Heureusement, car ma mère ne voulait pas que je pratique le football par crainte qu’on ne me casse la jambe.» « J’étais trop jeune pour prendre une telle initiative, et si mes parents avaient opté pour une telle éventualité, je n’aurais pas l’âge que j’ai aujourd’hui », rétorque-t-il quand on l’interroge sur des rumeurs qui courent autour de son âge*.