Après l’étape dominicaine de la sélection nationale de football en 1976 au début des éliminatoires de la Coupe du monde de 1978 dans la zone Concacaf, la prestation approximative des partenaires de Louidor Labissière avait provoqué la mobilisation de la presse sportive haïtienne favorable au retour des héros du prémondial 73 au Club Haïti. Même si la blessure occasionnée par la brutale révocation des coéquipiers de Tom Pouce n’était pas encore cicatrisée. Puisque les chroniqueurs sportifs supportaient la réintégration des cracks de 74 dans la loge de la sélection nationale, les envolées s’accordaient sur les ondes et dans les colonnes des journaux. De Jean-Claude Sanon à Gilbert Fombrun, en passant par Yves Jean-Bart, Pierre-Paul Charles, Grégoire Eugène Jr. (Greggy), André Guillaume, Jethro Julien, Renan Michel, Antonio Lauradin, pour ne citer que ceux-là, les plumes et micros sportifs ont mené le bon combat jusqu'à la note de presse de la Fédération annonçant ou confirmant la reprise des services de plusieurs membres de la génération d’or du football haïtien en sélection nationale, alors que se dessinait la double confrontation Haïti-Antilles néerlandaises. Après avoir éliminé les Antillais avec panache, les partenaires de Pierre Bayonne se plaçaient sur la voie menant à la Havanne, dernière étape avant le prémondial 77 au Mexique. Le futur adversaire d’Haïti était de taille, puisqu’il s’agit de Cuba alignant des joueurs de la trempe de Maso, Delgado et Reinoso. Mais en attendant, on détectait certaines failles au sein du groupe bicolore pendant les matches de préparation. Au journal Le Nouvelliste notamment, on mettait l’accent sur la baisse de régime des attaquants particulièrement à quelques semaines du premier match Cuba-Haïti à la fin de novembre 1976 sur la terre de Fidel. C’est ce qui provoqua cet article du quotidien de la rue du Centre sous le titre : ”Attention bicolores, les Cubains arrivent”. Un significatif cri d’alarme. L’inquiétude ne cessait de grimper à la barbe de la Havane parce que la commission technique ne parvenait pas à résoudre les problèmes posés par l’inefficacité de la division offensive où ceux chargés de marquer des buts devenaient tout à coup inoffensifs. On attendait de ce fait le retour de Manno Sanon, pensionnaire du Berschott d’Anvers de la Belgique. C’est son but extraordinaire le 15 juin 1974 à Munich devant Dino Zoff et l’Italie qui l’a planté sur ce terrain. La pression et l’incertitude rongeaient toutes les couches sportives haïtiennes à quelques pas de la première manche Cuba-Haïti. Au niveau de la presse naturellement, on continuait à alerter les joueurs et le staff technique. Mais on misait sur un réveil du onze national à l’heure de la vérité. En ce qui concerne le voyage à Cuba, puisque les deux pays n’entretenaient pas de relations diplomatiques, le gouvernement haïtien invita les intéressés à déposer leurs dossiers au ministère de l’Intérieur et de la Défense nationale.