Ce que je pense LE MARATHON DE LA PASSION Le sport est un château de passions. Passion pour une discipline, passion pour un club, passion pour des artistes ou des vedettes qui sèment la joie, passion pour une sélection nationale, passion pour l’équipe de sa localité, passion pour les stades, passion pour le jeu propre, passion d’informer, passion d’enseigner, passion de former, passion de revivre certains hauts faits sportifs, passion d’écrire pour les autres et pour soi-même, passion d’écouter, passion d’apprendre, passion de lire pour soi-même et pour les autres, passion de vivre sportivement, d’autres passions dont seul le sport connaît le secret. Il y a aussi la passion de la passion saine. La passion de cette passion qui vous permet d’éviter les passions dangereuses et désagréables. La passion pour le sport est la plus saine des passions. Parce que le sport au sens propre génère un esprit sain dans un corps sain. Un colossal merci au baron Pierre de Coubertin, l’un des échantillons de ”l’humanité sportive”. Malheureusement, le ”coubertisme” est fréquemment violé par ceux qui exploitent les couloirs sportifs ou les tribunes pour défendre des intérêts masqués qui n’ont aucun lien avec le sport. Phénomène ou passion, le sport est un atout au sein d’une société. Disons plutôt que le sport est universel. De ce fait, il provoque partout sur cette planète des montagnes ou des volcans de passions. Ce ne sont pas les inconditionnels fanatiques sud-américains et les passionnés de la NBA notamment qui nous contrediront sur cette voie. Eux qui nourrissent une passion sans bornes pour les Pelé, Michael Jordan, Maradona, Magic Johnson, Garrincha, Lary Bird, Cubillas, Cobe Bryant Di Stefano et autres. En lisant ce texte, sans en attendre la conclusion, le lecteur avisé dira peut-être que l’auteur de cette rubrique, au cœur de ce cortège de passions, a oublié de donner le coup d’envoi du marathon de la passion. Mais c’est justement la signification ou le symbolisme de ce marathon qui est à la base de cette envolée de passions sportives. Fin octobre ou début novembre 1976, à la porte du match aller Cuba-Haïti, la presse sportive avait annoncé que le Berschott d’Anvers, club belge, exigeait une couverture d’assurance de 10 000 dollars pour autoriser l'attaquant-clé Manno Sanon à rejoindre la sélection nationale. Dix mille dollars à cette époque, c’était de l’argent. Sur les ondes de Radio Métropole, Jean-Claude Sanon fit appel à la solidarité nationale, ce qui permit à la FHF de récolter en quelques heures la somme exigée par le club belge. Le succès de ce marathon est, en quelque sorte, le fruit de la passion de tout un peuple qui connaissait le poids, la valeur et l’influence du pied gauche de Manno Sanon au sein du Club Haïti. C’était réellement le marathon de la passion. Raymond JEAN-LOUIS