La corruption est l'un des plus grands maux qui nourrissent l’inégalité et la pauvreté en Haïti comme dans le reste du monde. Ce mal devient viral et est quasiment palpable partout. Il est visible ici. Tout le monde s’en plaint. Mais en réalité, il a un avenir radieux. De notre histoire récente de peuple, aucun homme d’État, aucun président n’a jamais pu planifier un programme efficace, à défaut d’être ambitieux, pour terrasser la corruption dans toutes les sphères de la société. Aucun président, ni gouvernement n’a su prendre le taureau par les cornes. Personne ne fait réellement autorité dans le pays quand il s’agit de lutte acharnée contre la corruption. À ce rythme-là, l'inégalité et la pauvreté éliront domicile pour longtemps sous nos toits.
On n’a jamais touché la plaie du doigt. Les meilleures approches, les meilleures solutions pour enrayer la corruption sont d’ailleurs cosmétiques. Même un début serait louable. Trop souvent dans le pays, corrupteurs et corrompus- l’un n’existe pas sans l’autre, leurs existences sont inextricablement liées- parlent à haute voix. Comme si chez nous il n’y aurait qu’une voie qui mène à la réussite. Pourtant, à chaque publication de l’indice de perception de la pauvreté par l’ONG allemande Transparency international, tantôt l’opinion publique indexe l’administration publique, d’un côté.
D’un autre coté les fonctionnaires tentent de se défendre ou de rejeter le classement comme c’est assez souvent le cas. Allez faire un tour à la Direction générale des impôts, à l’Administration générale des douanes, à la Direction de la circulation de la police routière ou au Service de l’immigration et de l’émigration pour évaluer rien que superficiellement. Il suffit de solliciter un service. La petite corruption. Moyenne ou grande revient à priver le contribuable ou le simple citoyen d’un service auquel il a droit.
Cela fait des décennies que les politiques promettent monts et merveilles, notamment dans la lutte contre la corruption. Arrivés au timon des affaires, les uns agissent plus lamentablement que les autres. Le problème demeure entier. On doit définitivement se poser des questions. Pourquoi la corruption est si bien ancrée dans nos mœurs ? Le secteur privé des affaires, pourquoi n’est-il pas le chantre de la lutte anticorruptiom, à défaut d’avoir un observatoire pour contraindre l’État à mieux agir ?
Dans son dernier rapport récemment publié, Transparency International, qui a classé Haïti 159e sur 176 pays, n’as pas raté l’occasion de souligner que sur la surface du globe, ce mal a gagné du terrain. 69% des 176 pays figurant dans l’Indice de perception de la corruption 2016 enregistrent une note inférieure à 50, sur une échelle allant de 0 (où le pays est perçu comme très corrompu) à 100 (où le pays est perçu comme très peu corrompu). Cela montre combien la corruption est importante et omniprésente dans le secteur public à travers le monde. Cette année, les pays ayant perdu des places dans le classement de l’indice sont plus nombreux que ceux en ayant gagné, ce qui démontre la nécessité d’une action urgente.
La corruption n’est donc pas l’affaire unique de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) ou de l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF). Elle n’est même pas celle exclusive de l’État. Chaque citoyen, chaque contribuable, chaque entrepreneur, chaque institution a son rôle à jouer. Imposer une administration proche des vertus de la bonne gouvernance dépend surtout de la volonté des gouvernés qui rejetteront les pratiques séculaires axées sur la corruption et l’inégalité. Les efforts dans l’éducation dès les classes préscolaires seraient d’une grande importance. Sinon la corruption continuera de gangrener l’administration.
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