C’est au hasard de l’évocation, le lundi 30 janvier 2017 dans la salle de nouvelles (section sport), du spot publicitaire où Bicha, gardant les buts d’une imaginaire équipe de football, se prépare pendant que le tireur va armer son tir. Aussitôt le tir décoché, notre célèbre humoriste publicitaire délaisse les buts, pour ne pas dire qu’il a détalé comme s’il était poursuivi par une meute de chiens. Le plus cocasse : le déserteur trouve moyen de crier : Goal, ... Goal ... Goal. Tout cela est virtuel. Puisque dans la réalité, l’entraîneur n’eut pas manqué de virer immédiatement ce «goalkeeper» vraiment original. Or, il se trouve que, la tête remplie des subtilités et saveurs du parler haïtien, je pris la défense de Bicha par une remarque opportune « Bicha a bien fait de prendre la fuite en voyant arriver ce "manman" shoot ! » Ce que ne manqua pas de relever un de mes interlocuteurs : « Boyer, le "shoot" a-t-il un sexe ?» Nous rîmes de bon cœur. Ensuite, je m’aperçus qu’au tir fulgurant décoché par un canonnier, l’on ne se retient pas pour clamer : « Yon papa shoot !» Ce qui me fit penser que le tir est à la fois du genre masculin et du genre féminin. Comment, dès lors, avec une aussi dense richesse expressive le bon peuple d’Haïti-Thomas ne serait pas attachant ? Jean-Price Mars relevait avec justesse : « Un peuple qui chante et qui danse, qui rit et qui pleure.» Cette ambivalence, n’est-elle pas une caractéristique de son bon fonds ?