Raquel Pélissier. Ce nom, notre génération ne l’oubliera pas de sitôt. Dimanche 29 janvier 2017, j’ai tremblé. Les yeux rivés sur l’écran d’un Iphone 7 plus, mon cœur était à deux doigts d’exploser. J’étais si émue que je tenais difficilement sur mes genoux. Je n’espérais qu’une chose : que Raquel remporte cette couronne. Difficile de croire que depuis les 15 dernières années où je regarde religieusement le plus grand concours de beauté du monde, miss Haïti se tenait enfin debout face à miss France, avec la chance de devenir en une seconde la plus célèbre beauté du monde. C’était irréel. De temps en temps je devais me pincer pour être sûre que je ne rêvais pas.
Pas que je n’aie pas eu confiance en la fille de Magaly Pélissier, chroniqueuse de Ticket depuis une dizaine d’années à travers la rubrique «Dis-moi comment recevoir ». Au contraire, le magazine a été l’un des premiers médias à suivre la jeune femme de 25 ans et à l’accompagner dès son couronnement en août dernier. J’étais plutôt sceptique à l’idée que le jury et encore moins nos votes allaient aider Raquel à avancer, malgré la belle campagne menée par cette dernière. Je me rappelle aussi comment l’organisation se débattait pour trouver des sponsors pour accompagner la miss univers Haïti 2016. Personne ne voulait s’associer à cette cause. Elle n’était pas si importante. Aujourd’hui, alors que Raquel est la première dauphine de la 65e édition de Miss Univers, les « fans » et « supporteurs » sortent de tous les trous et veulent arracher de la jeune femme un petit bout de gloire.
Depuis 2010, Haïti est de retour à Miss Univers. Sarodj Bertin avait ouvert la route pour Anédie Azaël qui a suivi en 2011 et ainsi de suite jusqu’à Raquel en 2016. Certes, les organisateurs haïtiens ont péché en créant un sentiment de méfiance chez le grand public et chez les potentiels partenaires, par le manque de sérieux et de fiabilité du concours. On se rappelle très bien le grand scandale avec Carolyn Désert en 2014. Ce qui me ramène encore une fois à demander quelles sont nos vraies ambitions à ce sujet ? La franchise « Miss Univers » est détenue par Chris Puesan, un particulier. Ce qui n’est pas grave si on avait vite compris qu’il fallait une vraie machine derrière une miss qui part représenter tout un pays dans un grand concours de beauté. Entre les différentes tenues, les cadeaux à offrir et les billets d’avion, le budget de déplacement est énorme. Fòk nou konn sa nou vle. À chaque fois, on espère la victoire en oubliant les sacrifices nécessaires pour y arriver.
Dimanche soir, chaque Haïtien a ressenti cette bouffée de fierté alors que Raquel Pélissier se tenait, toute gracieuse dans sa robe dorée, signée Diego Fernando Marín Mendoza, un designer dominicain. Seule, elle a cru en un rêve et s’est battue pour le réaliser. Avec derrière elle sa famille, ses amis proches et une poignée d'institutions haïtiennes. Merci Raquel ! De n’avoir pas abandonner et d’avoir compris qu’Haïti, malgré tout, mérite le meilleur de nous.
Des améliorations au niveau de l'organisation du concours en 2017, un vrai fonds alloué à cette cause dans le budget du ministère de la Culture et surtout du ministère du Tourisme, et un vrai accompagnement pour les Miss, voilà ce à quoi nous devons nous ingénier à mettre sur pied afin de continuer à marcher sur les pas de Raquel !
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