« L’essence de nos opérations concourt à notre désir d'améliorer la vie dans les Caraïbes […] Chaque projet que nous finançons tend en ce sens », a déclaré le Dr Smith, dans son discours d’ouverture, annonçant ensuite qu’en 2016, la CDB a approuvé 306 millions de dollars de prêts et de dons, soit le montant le plus élevé approuvé au cours des cinq dernières années. Belize, Sainte-Lucie et Suriname ont été les trois principaux bénéficiaires de ces prêts.
« Nous avons clôturé l'année dernière avec l'achèvement réussi des négociations pour la reconstitution du Fonds spécial de développement (SDF), le plus grand réservoir de fonds concessionnels de la banque. Les contributeurs ont convenu d'un programme de 355 millions de dollars américains pour la période 2017-2020 », a fait savoir le président de la CDB. Grâce à cette 9e reconstitution, a-t-il poursuivi, la CDB dispose maintenant de 45 millions de dollars supplémentaires pour poursuivre son travail en Haïti.
Interrogée un peu plus tard sur la répartition de cette enveloppe, Monica La Bennett, assistance-directrice à la division de la planification de la CDB, a répondu que les secteurs ciblés étaient l’éducation, l’agriculture et le renforcement des capacités en matière de gouvernance. Si l’argent est disponible, elle a toutefois fait remarquer que les discussions se poursuivaient avec les responsables haïtiens pour savoir où exactement il serait dépensé.
« L'année dernière, la Banque a signé un accord de facilité de crédit avec l'Agence française de développement. Il comprenait un prêt de 33 millions de dollars pour soutenir des projets d'infrastructure durable et une subvention de 3 millions d'euros pour financer des études de faisabilité pour des projets éligibles au financement au titre de la facilité de crédit », a indiqué le Dr William Warren Smith, avant de céder son pupitre au directeur économique de la CDB, le Dr Justin Ram.
Dans son intervention, ce dernier a dressé le tableau macroéconomique de la région en 2016, présenté les perspectives pour 2017 et enfin a exhorté les dirigeants caribéens à agir maintenant pour créer un environnement propice à la croissance économique.
«2016 a été une année difficile pour les économies du monde entier. La croissance de la production des économies avancées a ralenti; les marchés émergents ont stagné et la région de l'Amérique latine et des Caraïbes a décliné. Dans l'ensemble, il s'agit d'une légère décélération de la croissance mondiale. Toutefois, une accélération modeste de la production mondiale devrait intervenir en 2017. Le redressement de la croissance mondiale devrait être soutenu par le retour à une croissance positive en Amérique latine et dans les Caraïbes, après une baisse marquée en 2016, ainsi que le renforcement de l'activité économique dans le reste du monde», a décrit le Dr Ram.
En 2017, la CDB prévoit que la région connaîtra une croissance économique d'environ 1,7%. Cependant, le Dr Justin Ram avertit que cela ne suffira pas à stimuler l'emploi ni à réduire le niveau élevé de la dette régionale. Il plaide en faveur d'un plan d'action à long terme qui permettra à la région de participer aux chaînes d'approvisionnement mondiales et de stimuler la croissance économique durable.
En ce qui concerne Haïti, la CDB prévoit une croissance du PIB de 2.8% pour 2017. « Haïti a été durement frappée par l’ouragan Matthew. Les travaux de reconstruction dans les régions touchées vont permettre la relance du secteur infrastructure et de l’emploi. Haïti pourra miser aussi sur le tourisme », a expliqué par la suite le Dr Ram, qui se dit très optimiste pour Haïti, contrairement à la Banque mondiale qui prévoit que la croissance du pays sera négative.
Lors de sa présentation, il a exhorté les décideurs régionaux à créer un environnement propice à l’augmentation de la productivité et à l’amélioration de la compétitivité, y compris un environnement de travail plus accueillant, un plus grand accès au financement des micro, petites et moyennes entreprises et des réformes du marché du travail.
«Compte tenu de la vulnérabilité aux catastrophes naturelles et de la manière dont cela a contribué à l'accumulation de la dette, il est important que les pays utilisent des recettes exceptionnelles pour mettre en place des fonds de contingence ou des fonds souverains afin de réduire le fardeau de la dette et d'assurer une plus grande résilience économique et sociale », a insisté le Dr Ram, recommandant aux gouvernements des efforts pour mobiliser la vaste diaspora régionale des Caraïbes.
Le directeur économique de la CDB a souligné que les gouvernements devaient s'efforcer de rendre des comptes, et de discipline budgétaire, en mettant l'accent sur l'optimisation des ressources. «Les systèmes de gouvernement devraient être transparents, favoriser l'inclusion, la sécurité et la croissance. De plus, les opérations et les ressources du gouvernement devraient être gérées de manière à assurer un bon rapport qualité-prix », a déclaré le Dr Ram.
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