Entre 1978 et 2017, Léo Cartright a dirigé, sans interruption, la Fédération haïtienne de taekwondo pendant trente-huit ans. Le taekwondo haïtien a connu, durant son mandat, des moments de gloire et de galère. En 1989, au Gymnasium Vincent, Haïti a été le théâtre du premier Open de la Caraïbe réunissant six pays. Pour l’occasion, Codio Dumesle et Maître Figaro avaient offert une médaille au pays. On est loin d’oublier Sanon Tudor. Aniah Louissaint, plus près de nous, est la dernière représentante du pays en taekwondo aux jeux Olympiques de Rio (Brésil) en 2016.
Toujours est-il que Léo n’a pas été sans reproche. Visiblement mécontents, certains représentants de ligue n’ont pas mâché leurs mots pour tirer à boulets rouges sur le président sortant. « Vous n’avez jamais tenu compte des ligues issues de la province. Il était temps que vous partiez afin qu’on ait une vraie sélection nationale », ce sont là des propos hostiles lancés à l’endroit de Cartright.
Le conseil électoral de cinq membres étant formé et les représentants de 29 ligues ont siégé au local du collège de l’Etoile à Babiole. Il ne restait qu’à rappeler les critères pour qu’une ligue puisse prendre part à ces élections. Pour ce qui est de ces joutes, un seul candidat a donné signe de vie. Il s’agit de Frénel Ostin, ex-secrétaire général sortant du comité dirigé par Léo Cartright.
En effet, les votes, effectués à main levée, ont consacré Frénel Ostin (27 pour, 1 abstention) nouveau président de la Fédération haïtienne de taekwondo pour une durée de quatre (2017 à 2021). Pour n’avoir pas payé ses frais d’affiliation annuelle, le représentant de la ligue Winners, qui a assisté à ces élections, n’a pas pu voter.
Le nouveau comité exécutif de la Fédération haïtienne de taekwondo est ainsi composé : Frénel Ostin, président ; Jean Anthony Compère et Georges Roots Hyppolite, vice-présidents ; Wilner Romulus, secrétaire général ; Martino Jean-François, secrétaire général-adjoint ; Jean Ronald Alexis, trésorier ; Stem Pouce Gélus et Callet Vincent, conseillers juridiques ; Sony Joseph et Marc Arthur Metellus, conseillers ; Marie-Françoise Cazeau, responsable de communication.
Dans son discours de circonstance, le nouveau président de la fédération de taekwondo promet de travailler en commun accord avec toutes les ligues. À côté de la transparence, il insiste sur le fait que cette fédération sera inscrite dans la lignée des fédérations les plus dynamiques du pays. Il a tenu à rappeler les rendez-vous qu’Haïti aura à honorer sur le plan international : du 23 au 30 juin en Corée, du 28 au 31 août à San José (Costa Rica) et sur le plan national : du 13 au 18 octobre, le 25e championnat national qui aura lieu aux Cayes.
S’il a été élu presque à l’unanimité à la présidence de la Fédération haïtienne de taekwondo, le samedi 15 avril, en remplacement de Léo Cartright, reste à savoir comment il va procéder pour dynamiser le taekwondo haïtien en proie à d’énormes difficultés d’ordre structurel, organisationnel et financier.
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