Pour justifier cette éventuelle augmentation des prix à la pompe, le ministre de l’Economie et des Finances Jude Alix Patrick Salomon se veut clair : « Si le prix du carburant reste tel qu’il est sur le marché, Haïti s’acheminera inévitablement vers une catastrophe », soutient Jude Alix Patrick Salomon, et comme pour démentir ceux qui s’apprêtent à crier scandale, le ministre confie que la subvention des produits pétroliers sur le marché haïtien profite beaucoup plus à ceux qui ont les moyens économiques qu’aux masses populaires, contrairement à ce qu’on a souvent laissé entendre. « Ceux qui possèdent des véhicules luxueux, des groupes électrogènes et autres bénéficient le plus de la subvention alors qu’ils pourraient en acheter s’il n’y avait pas de subvention », crache-t-il. Le voisin dominicain qui vient souvent pour faire le plein de carburant en Haïti est un autre prétexte servant à justifier une telle décision. « Le prix, tel qu’il est, crée une grande inefficacité et le différentiel est très important par rapport à nos voisins dominicains. Nous subventionnons à 30% le consommateur qui est de l’autre côté de la frontière… Il faut mettre les prix les plus proches possibles pour éviter ce fait ». À un moment où le pays connaît un déficit budgétaire de l’ordre de 7 milliards de gourdes, aborder ce manque à gagner se révèle une solution appropriée selon Jude Alix Patrick Salomon. Le ministre, qui rappelle que sa déclaration n’est pas une annonce du gouvernement, souligne que pareilles décisions nécessitent des mesures compensatoires pour soulager les plus vulnérables. « Il faut définir des stratégies pouvant porter cette décision à avoir beaucoup plus d’incidences sur ceux qui ont la capacité économique que sur ceux vivant dans la précarité », poursuit le ministre de l’Economie et des Finances dévoilant qu’une telle décision est déjà à l’étude au sein du gouvernement.