Cette semaine, un média en ligne à Guyana http://www.kaieteurnewsonline.com rapporte que plus de 40 Haïtiens ont été abandonnés samedi dernier à l’aéroport Cheddi Jagan International Airport (CJIA). Nos compatriotes arrivés à bord d’un vol de Copa Airlines seraient, selon les autorités guyanaises, des victimes d’un réseau de traite de personnes.
Au cours de cette même semaine, le responsable de la Sécurité intérieure des Etats-Unis, John Kelly, a rendu visite au président Jovenel Moïse et lui a conseillé de prendre les dispositions pour accueillir les bénéficiaires du TPS à l’expiration de l’extension de six mois décidée par l’administration Trump. On croise les doigts pour qu’il y ait un revirement des autorités américaines dans ce dossier.
Les informations en provenance de la République dominicaine nous ont aussi rappelé que des dizaines de milliers de migrants haïtiens seront dans les prochains jours en contravention avec l’immigration dominicaine pour n’avoir pas pu se faire enregistrer dans le Plan national de régularisation des étrangers (PNRE). Selon des militants de défense des droits humains, la date d’expiration des documents offrant aux Haïtiens un statut de résident arrive à terme mi-juin. Ils risquent à nouveau de se retrouver en situation irrégulière, d’être malmenés par les militaires dominicains et déportés massivement en Haïti.
Entre-temps, des jeunes des deux sexes continuent de quitter le pays quotidiennement par dizaines, voire par centaines pour se rendre dans des pays de la région, particulièrement au Chilli, à la recherche de cieux plus cléments.
Voici une liste d’informations sur la problématique migratoire en Haïti qui devraient interpeller nos dirigeants, l’université, nos élites économiques ainsi que toutes les entités de la société civile. On peut allonger cette liste avec les difficultés auxquelles font face ceux qui veulent partir pour obtenir des pièces d’identité. Le reportage de notre confrère Robenson Henry de Radio-Télé Kiskeya, lauréat du prix Chaffanjon de cette année, décrit le chemin de croix que devient le service de l’immigration pour les demandeurs de passeports. Le constat est pareil pour ceux qui veulent obtenir leur carte d’identification nationale à l’ONI.
Le problème des migrants haïtiens en République dominicaine est récurrent. Il devient ainsi comme un fait divers. Avec ou sans l’aide des autorités haïtiennes, les concernés vont se débrouiller. Pour ceux qui émigrent au Chili, c’est dans l’immédiat une grande opportunité pour des raisons que nous connaissons tous. Qu'en est-il de nos compatriotes victimes des réseaux de trafiquants ? On dirait qu’ils sont responsables pour avoir choisi le mauvais chemin.
Voyager ou rester au pays est un choix personnel. Cela n’exclut pas la responsabilité de l’État d’adopter une politique migratoire qui lui permette d’accompagner ses citoyens tout au long de leur périple. Cela peut éviter dans l’avenir la répétition de ce que vivent aujourd’hui une bonne partie de nos compatriotes en République dominicaine. Cela peut aussi éviter que notre pays soit un terrain fertile pour les réseaux de traite de personnes. Quand plus de 40 de nos compatriotes sont abandonnés dans un aéroport d’un pays étranger, cela ne fait pas notre honneur.
Nous n’avons pas à réinventer la roue. D’autres pays, dans le passé, ont connu des vagues d’immigration importantes. Ils se sont tirés d'affaire au point de devenir aujourd’hui des pays d’accueil. Aujourd’hui encore, des pays asiatiques avec un excédent de mains-d’œuvre appliquent des politiques migratoires intéressantes.
Pour certains spécialistes en politique publique, ne rien faire face à un phénomène peut aussi être une politique publique. Est-ce le meilleur choix pour Haïti dans le domaine migratoire ? Les informations de cette semaine nous disent que non.
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