Accompagné des sénateurs Onondieu Louis et Jacques Sauveur Jean, du président de la Chambre basse Cholzer Chancy, du député Jerry Tardieu et du député Jean René Lochard, le président du Sénat Youri Latortue était invité au Parlement canadien pour discuter de coopération entre les deux Parlements. Certes, les discussions ont porté sur la nécessité de signer sous peu un nouvel accord entre les Parlements haïtien et québécois basé sur un partage de documents entre les deux Parlements afin que ces derniers puissent mutuellement bénéficier des expériences de l’un et de l’autre, mais la vedette de ce voyage se veut la diplomatie haïtienne, transformée depuis quelque temps en une véritable vache à lait. En effet, le voyage de la délégation parlementaire les a conduits à Ottawa, dans l’enceinte même de l’ambassade haïtienne et dans divers consulats du pays. Décrire ce qui se passe là-bas requiert l’utilisation de mots forts. C’est pourquoi Youri Latortue a marmotté avant de lâcher : « Nous avons vu et nous pouvons dire qu’il y a une situation écœurante dans notre ambassade et dans nos consulats ». Les causes d’une telle sensation sont dues, selon Youri Latortue, à des faits plutôt insolites : « Le consul m’a dit qu’à son arrivée il y avait 11 personnes au consulat, le travail était tellement bien fait qu’on pensait à réduire le personnel qui était de trop et voilà qu’aujourd’hui, ils sont 39 », dévoile Youri Latortue avant de souligner ce fait plus contrastant encore : « Des gens travaillent sans percevoir leur salaire alors que d’autres sont nommés juste pour soutirer de l’argent à l’État haïtien sans avoir à travailler réellement ». Ces gens, bien enracinés dans les pouvoirs politiques en Haïti, ne font aucune preuve de respect ni envers les consuls ni envers l’ambassadeur, regrette Youri Latortue, qui rappelle qu’en de telles conditions, il ne peut pas y avoir de diplomatie. Souvent, dans de pareilles dérives, on indexe des parlementaires qui utilisent la diplomatie pour récompenser leurs partisans, leurs familles et même des amours. Mais cette fois, Youri Latortue revient avec le revers de la médaille en dévoilant avoir décelé qu’il y a des responsables au niveau du palais national et du ministère des Affaires étrangères notamment qui usent de cette stratégie qu’on croyait être l’apanage des parlementaires. « Certains vont jusqu’à faire voyager leur servante pour être nommée au sein de la diplomatie alors que cette servante effectue des tâches domestiques dans leur résidence à l’étranger », conclut le président du Sénat. Aujourd’hui, Youri Latortue appelle le président à assumer sa responsabilité en opérant de sérieux changements au sein de la diplomatie.