Des marchands et acheteurs haïtiens qui revenaient de Dajabón, République dominicaine, ont vu leur marchandises confisquer, le lundi 5 juin 2017. Ils ont en effet protesté contre cette confiscation effectuée par les autorités haïtiennes. Affirmant que les acheteurs ne paient pas d'impôts, les agents de l'ordre ont saisi, puis jeté les produits dans la rivière Massacre qui sépare les deux pays en ce point.. De nombreux marchands ont, par la suite, protesté contre cette mesure à ce passage de la frontière haïtiano-dominicaine. Cette situation a obligé l'intervention des agents de la Police nationale d’Haïti (PNH) qui ont lancé du gaz lacrymogène, a rapporté l’agence de presse espagnole EFE. Jean Joseph, qui s’est identifié comme un porte-parole des petits commerçants haïtiens, a déclaré aux journalistes présents que la plupart d'entre eux ont emprunté de l'argent pour venir acheter au marché binational de Dajabón leurs articles finalement saisis. Jean Joseph perçoit cette saisie comme un « mal » fait aux petits marchands qui se sont endettés envers leurs créanciers. Pour sa part, Abigaíl Bueno et Fernando Díaz, responsables d’associations de vendeurs détaillants du marché binational, ont expliqué que la mesure a surpris non seulement les Haïtiens, mais aussi les Dominicains. À cet égard, cela signifie que beaucoup de petits commerçants haïtiens ont emprunté pour acheter sur le marché binational lundi, puis revendre les produits dans leur pays. Mais ceux-ci ont été confisqués. Ils ont également demandé aux autorités dominicaines et haïtiennes de retourner sur la table du dialogue pour trouver une issue favorable à cette situation. Abigaíl Bueno et Fernando Díaz ont affirmé que les échanges commerciaux faisaient vivre des milliers de familles pauvres des villes situées des deux côtés de la frontière haïtiano-dominicaine. Diaz a fait savoir que, quand il y a des restrictions à l'entrée contre des produits dominicains dans le pays voisin, les Haïtiens souffrent de pénurie et les Dominicains sont touchés parce que leurs ventes diminuent. Du côté de la frontière d'Haïti, des inspecteurs de la douane, de l'Immigration, de l'Agriculture et de la santé animale et végétale cantonnés dans la zone ont été aidés par une unité de la police portant un uniforme noir. Les membres du Corps spécialisé de sécurité des frontières au sol (Cesfront), du côté dominicain, ont observé de près le conflit. Parmi les articles qui ont été confisqués, lundi, on trouve des poulets, des œufs, des saucisses, de la viande, de la farine, des légumes, de la banane, des sardines, du painsu, des articles en plastique, de l'eau en bouteille et d’autres produits en provenance de la République dominicaine, que les Haïtiens achètent régulièrement dans les zones frontalières.