Le dicton stipulant « qui trop embrasse, mal étreint » était au rendez-vous ce jeudi 8 juin 2017 au Sénat de la République où la commission Justice, Sécurité et Défense nationale du Sénat a reçu le Conseil supérieur de la police nationale pour débattre de la situation sécuritaire du pays qui se fait de plus en plus préoccupante. En effet, à la table des discussions, le président de la commission Jean Renel Sénatus a étalé des préoccupations les unes plus pertinentes, ou du moins, plus embarrassantes que les autres telles que : la remontée de l’insécurité, la stratégie de renseignement du gouvernement, l’évolution du dossier de viol collectif perpétré dernièrement dans la zone de Désermithe à Pétion-Ville, la question du bateau sucré, le trafic d’humains au Champ de Mars et à Pétion-Ville et le scandale de trafic d’humains découvert à Kaliko Beach le 5 février dernier. Au terme de cette rencontre, le président de la commission Jean Renel Sénatus n’a pas caché son insatisfaction en découvrant que sur le plan de stratégie de renseignement : « Le ministère de la Justice a son renseignement à lui, la primature a le sien et le ministère de la Justice détient son propre système de renseignement et tous fonctionnent sans aucune coordination alors que les bandits ont un système de renseignement. » À propos de l’affaire de trafic d’humains à Kaliko Beach, Jean Renel Sénatus dit avoir des informations qu’un substitut de commissaire a décidé de libérer tous les inculpés dans cette affaire, y compris les étrangers qui, pour l’heure, ont déjà regagné leurs pays. Le dossier de NAVESCO, le bateau de sucre est lui aussi sur la voie de rentrer dans les oubliettes de la justice. Lors de cette rencontre, le ministre de la Justice Heidi Fortuné a parlé au conditionnel sur le nombre d’individus encore incarcérés dans cette affaire, selon ce que rapporte Jean Renel Sénatus. « Le ministre de la Justice a dit qu’il y a deux personnes qui seraient incarcérées jusqu’à cette date alors que nous savons pertinemment qu’il n’y a personne en prison et que des démarches visant la récupération du bateau sont en cours ». Dans ce monde d’insatisfaction et d’information contradictoires, Jean Renel Sénatus a resolu d’inviter le CSPN pour une nouvelle rencontre de travail le 27 juin prochain. « Le temps pour ce dernier de mieux maitriser son dossier », conclut Jean Renel Sénatus, estimant que le CSPN n’était pas en mesure de fournir les informations nécessaires.