La Police nationale d’Haïti (PNH) fête ses 22 ans ce lundi. À 22 ans, la PNH est encore une jeune institution. C’est jeune institution qui est chargée de notre sécurité. En 22 ans, notre force de police a connu des hauts et des bas. Elle n’a pas toujours été capable de remplir sa mission qui est de protéger les hommes et les institutions et servir le pays et ses fils. C’est d’ailleurs ce qui explique la présence de la Minustah sur notre sol. L’une des responsabilités de la mission onusienne consiste à renforcer les capacités de la PNH. 13 ans après son arrivée en Haïti, la Minustah plie bagages. La mission d’aider à la professionnalisation de la police haïtienne a-t-elle été accomplie ?
On se souvient dans quel contexte l’ONU a décidé en 2004 de nous mettre sous tutelle. À 22 ans, la PNH est-elle assez mûre pour éviter la répétition de l’histoire ? Cela dépendra du choix des autorités politiques d’abandonner toute velléité de politiser la jeune institution et de lui donner les moyens de sa politique.
La PNH pendant ses 22 ans de service n’a pas toujours été capable de faire respecter l’autorité de l’État et la démocratie. Elle n’a pas toujours non plus été capable de protéger ses membres. En 22 ans, des centaines de policiers sont tombés sous les balles de bandits. Laissant derrière eux femmes et enfants dans la douleur, parfois dans le dénuement, la majorité des victimes n’a pas encore trouvé justice si jamais elle la trouvera un jour.
La PNH, en dépit de ses manquements et de ses faiblesses, mérite d’être applaudie pour les sacrifices consentis en vue de jouer son rôle depuis sa création. Elle a besoin de notre support et de nos encouragements pour continuer à se construire. Nous devons continuer à dénoncer chaque policier qui s’écarte des règles de fonctionnement de l’institution. Nous devons parallèlement encourager ceux qui font leur travail avec professionnalisme. Nous avons intérêt à aider notre police civile à grandir et à se professionnaliser. L’indépendance de la PNH par rapport au pouvoir politique reste un acquis à sauvegarder.
Notre force de police fête ses 22 ans à un moment où des voix s’élèvent pour exiger la création ou la remobilisation des Forces Armées d’Haïti. Sauf que ceux qui mettent cette option sur la table ne disent pas encore comment on va procéder pour entretenir la police et financer le fonctionnement de l’armée. La PNH pour pouvoir bien remplir sa mission doit être mieux entraînée et mieux équipée. Cela exige aussi de meilleures conditions de travail pour les policiers. Il n’y a pas de doute que la PNH doive aussi augmenter ses effectifs pour mieux occuper le territoire national. Tout cela exige des fonds dont nous ne disposons pas.
Dans ce contexte, nous devons choisir entre concentrer nos faibles ressources sur la professionnalisation de notre force de police ou de les investir dans la remobilisation des Forces Armées d’Haïti. Autrement dit, nous devons choisir entre une seule institution forte et deux institutions bancales.
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