Dans la lutte en faveur de la hausse conséquente du salaire minimum au profit des ouvriers, le sénateur de l’Ouest Antonio Cheramy, plus connu sous son nom d’artiste « Don Kato », ne cesse de presser sur l’accélérateur. Il a déclaré jeudi que les patrons qui ont déjà collecté des frais d’assurance, notamment ceux de l’Office d’assurance du travail maternité (OFATMA) et de l ’Office national d’assurance vieillesse (ONA) de bien vouloir verser les fonds aux institutions d’assurance en question. Le président de la commission des Affaires sociales et du Travail du Sénat de la République perçoit très mal que des patrons n’ont pas versé à l’OFATMA et à l’ONA les cotisations des ouvriers. Si cette demande n’est pas satisfaite dans un délai de huit jours, le sénateur menace de demander au ministre des Affaires sociales et du Travail, Roosevelt Bellevue, de bien vouloir faire publier l’identité de ces patrons dans la presse. Une lettre a même déjà été adressée au ministre Bellevue pour les suites nécessaires dans cette affaire. En outre, le sénateur Cheramy exige que les membres du Conseil supérieur des salaires (CSS) de publier son rapport le plus tôt possible afin que les ouvriers sachent enfin le montant du salaire minimum en Haïti. Comment voulez-vous que des patrons collectent les cotisations d’ouvriers désabusés, exploités, déjà appauvris, et ne pas les verser à l’institution compétente, s’est demandé l’élu de l’Ouest sous la bannière de la Plateforme « Vérité ». Apparemment, le sénateur ne décolère pas et appelle le ministre des Affaires sociales à considérer la question des salaires comme une priorité, un problème à résoudre avec célérité. Il s’est dit conscient et de fait ne fait pas référence aux chiffres en laissant le soin au CSS de préparer son rapport, de l’acheminer aux autorités constituées aux fins de publication. Mais les ouvriers et leurs syndicats sont montés au créneau récemment pour indexer leurs représentants au CSS. Ils dénoncent des personnes qu’ils accusent de ne pas être représentatives de leurs secteurs. Face à cette situation, le sénateur Antonio Cheramy, qui se pose comme le grand défenseur des ouvriers, avoue ne pas comprendre la morgue des autorités face aux cris des ouvriers. Car, selon lui, si c’était le patronat qui contestait ses représentants au CSS, le président de la République aurait entendu et réagi promptement. Il est de même pour l’État, dit-il, dans cette structure tripartite. Pourquoi les ouvriers doivent accepter le diktat des deux autres parties ? D’autre part, devant le phénomène de la cherté entretenue depuis des lustres dans le pays et galvanisée par la dernière hausse des prix de produits pétroliers sur le marché haïtien, M. Cheramy appelle les autorités à se pencher sur le dossier très rapidement en plaidant non seulement en faveur des ouvriers, mais également en faveur des agents de la fonction publique qui croulent sous le poids de l’inflation galopante. Les autorités vont-elles tomber dans le panneau, en envisageant d’augmenter sans aucune considération à chaque arrivage le prix du carburant à la pompe comme prévu? Le sénateur Cheramy attend le prochain arrivage avant d’élaborer davantage dans la presse. Si la loi de 1995 demeure en vigueur, les prix doivent être ajustés. Mais dans quel sens ? Devant la situation socioéconomique précaire qui prévaut dans la capitale comme dans les villes de province, toute hausse de prix des produits pétroliers qui ne soit pas suivie de mesures d’accompagnement adéquates au profit des démunis risque de mettre le feu aux poudres. Les mesures de redressement économique et financier ne doivent pas constituer un goulot d’étranglement pour la classe moyenne et les couches les plus humbles ne bénéficiant d’aucun filet de sécurité sociale pendant que les subventions, les franchises et la dispensation de certaines obligations sociales sont destinées aux franges disposant de plus de moyens. Singulier petit pays !