Des acteurs de la société civile, du secteur public dans tous les domaines concernés par l’énergie ont travaillé depuis avril 2016 à l’élaboration d’un document qui trace les destinées de ce secteur. Le document, dit « Livre blanc de l’énergie », a été présenté au secrétaire général, au chef de cabinet et au cabinet du Premier ministre Jack Guy Lafontant, la semaine dernière. La prochaine étape consiste à présenter le document au chef du gouvernement lui-même pour les suites nécessaires.
Le livre commence par une analyse, un état des lieux du secteur de l’énergie, en passant par les potentialités d’utiliser les ressources propres du pays. Le document non encore officiel tient compte de ce qui se fait de mieux en Amérique latine et les Caraïbes et dans le reste du monde, a appris le Nouvelliste auprès du coordonnateur général de l’Observatoire de l’Energie d’Haïti (Observeh), le Dr Marc Antoine Archer. « Le livre blanc du secteur de l’énergie propose que l’État s’approprie réellement le secteur énergétique en proposant des incitatifs favorables aux potentiels investisseurs », a fait savoir le responsable de l’Observeh), un des contributeurs du livre.
Les acteurs qui ont pris part à l’élaboration du document ont pensé à l’État comme régulateur qui ne peut pas céder ses droits au niveau régalien. « On a pris soin de délimiter les périmètres dans ce travail collaboratif. Comment exploiter des ressources et valoriser les actifs de l’État disponibles en étant conforme à ce qui se fait dans le monde », a précisé le Dr Archer soulignant qu’un chronogramme de mise en application a été proposé afin de prévoir ce qui peut être fait dans la première année, dans les deux ou trois ans ainsi de suite jusqu’à atteindre toutes les étapes.
Même si les montants n’ont pas été précisés dans sa mise en œuvre probable, des sources de de financement ont bien été identifiés pour sa réussite. « Pourvu que les décideurs veuillent appliquer le contenu de ce document qui fait figure d’une feuille de route, les représentants des instances liées aux infrastructures, aux énergies renouvelables pour ne citer que ces domaines, les recommandations seront d’une grande utilité pour le pays ».
Dans le livre blanc de l’énergie, un concept a été développé par ses concepteurs. « Nous ne savons pas s’il va susciter un certain consensus pour le mettre en application : c’est la Régie nationale de l’énergie. Cette régie parait comme une autorité aussi bien verticale qu’horizontale capable de contrôler les différentes unités et valorisation », a expliqué M. Archer. Elle aura la capacité et l’autorité d’interagir avec les municipalités, de même qu’avec les entreprises de production d’énergie, de distribution d’énergie, des équipementiers. Cette régie doit permettre de dialoguer et d’interagir avec tous les acteurs des différents sous-secteurs.
En ce qui a trait à l’électricité en particulier, le document tient compte de l’opérateur public.
Les contributeurs ont veillé à ce que les Objectifs de développement durables (ODD) soient respectés. « Ce dont nous disposons comme indicateur au niveau international, il fait défaut sur le plan local. La création d’un marché dans le sous-secteur d’électricité a été prise en compte. Nous avons veillé à ce que que les accords dans le secteur soient équitables et conformes aux instruments internationaux », a affirmé le Dr Archer qui croit que le plus approprié demeure les 17 objectifs et les 169 cibles des ODD.
Le livre blanc du secteur de l’énergie tient compte d’une gamme d’indicateurs pour comparer les besoins d’Haïti à ceux des autres habitants de la planète. Ils ont considéré la valorisation des chaines de valeurs de chaque sous-secteur, que ce soit au niveau de la biomasse, de l’énergie solaire, éolienne ou autre. « On a même exploré la capacité géothermique du pays en analysant les possibilités sans porter de préjudice économique au pays, selon M. Archer. La compétitivité énergétique du pays a été également passée au crible ».
Tous les acteurs du secteur ont été représentés d’une façon ou d’une autre, avons-nous appris. La coopération internationale, notamment les bailleurs de fonds, la Banque interaméricaine de développement (BID) la Banque mondiale ont apporté volontiers leurs contributions avec leurs expertises comme tous les autres participants sans aucun parti pris, aucune velléité de domination, une relation tout à fait horizontale au point que le Dr Marc Antoine Archer aimerait renouveler la méthode de travail dans d’autres domaines au profit du pays.
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