Après cette rencontre de travail avec les membres de la commission Planification et Coopération externe du Sénat de la République, le ministre de la Planification est sorti avec une note plutôt salée : celle « d’aller superviser, d’évaluer et en même temps de communiquer à la commission le nombre d’ONG évoluant dans le pays et surtout de recenser les ONG non reconnues et qui n’agissent pas sous la tutelle du ministère de la Planification », comme l’a bien souligné le président de la commission Planification du Sénat, Sorel Jacinthe.
« Nous avons demandé au ministre de se débrouiller pour nous donner le nombre d’ONG reconnues qui opèrent sur le terrain et encore le nombre de celles qui interviennent sans aucune reconnaissance de l’État », lance, d’un ton ferme, Sorel Jacinthe. Le sénateur de la Grand’Anse, comme pour atténuer le choc, rappelle « qu’après Matthew il y avait une vague d’ONG dans le pays » et que consciente de cette situation, la commission a donné au ministre le temps nécessaire pour « actualiser sa liste ».
Cette démarche est recommandée à Aviol Fleurant alors que le ministère de la Planification et de la Coopération externe qu’il dirige est censé appelé à coordonner les actions des organisations nongouvernementales qui pullulent dans le pays. Le titulaire de ce ministère en montrant sa méconnaissance des chiffres ce lundi, par-devant les membres de la commission, du nombre d’ONG qui fonctionnent sur le terrain, lève le voile sur un problème de fond : Les ONG qui piétinent en dupliquant de petits projets dans le pays ne sont pas coordonnées par les autorités étatiques, donc, n’agissent pas dans le cadre d’un programme global.
Aviol Fleurant justifie son manque de chiffres par le fait que depuis 2004, les instances d’aide internationale ont résolu à canaliser leurs aides au niveau des ONG au détriment de l’Etat qui, à cette époque, était frappé d’une instabilité accrue. « Cette décision a affaibli l’Etat », souligne Aviol Fleurant, avant de mentionner que cette situation s’est aggravée encore plus après le passage de l’ouragan Matthew.
Aujourd’hui, le climat de stabilité a évolué dans le bon sens, clame le titulaire du MPCE dans ses argumentations visant à récupérer l’aide internationale. « Tous les critères prouvant que le gouvernement peut recevoir les aides internationales à la place des ONG sont aujourd’hui réunis », soutient-il. Déjà, le ministre annonce qu’il travaille sur un avant-projet de loi régularisant la question des ONG afin que ces dernières puissent répondre réellement aux attentes de la population.
Face aux manquements du ministre, le président de la commission, Sorel Jacinthe, rappelle que le ministre a un mois pour soumettre à la commission la liste des ONG opérant dans le pays. « Après quoi la commission saura quelle option prendre entre une deuxième invitation du ministre ou sa convocation pure et simple afin de clarifier une fois pour toutes si le ministère fait son travail ou pas ».
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