C’est pour mieux comprendre le ras-le-bol des assurés de la fonction publique qui fréquentent les centres hospitaliers travaillant de concert avec l’OFATMA dans le système d’assurance des employés d’État que le président de la commission Affaires sociales et Travail du Sénat, Antonio Chéramy, a invité les responsables de ces hôpitaux au Parlement ce mardi.
Un ouf de soulagement pour ces responsables d’hôpitaux qui en ont profité pour exprimer leur mécontentement envers l’OFATMA, l’institution partenaire qui, selon ces responsables d’hôpitaux, accumule aujourd’hui une dette de plus de 260 millions de gourdes envers ces centres hospitaliers chargés de prodiguer des soins de santé aux assurés du programme d’auto-assurance des agents de la fonction publique.
Selon le docteur Jean Danthon Morose de MEDIMAX, le contrat signé entre ces centres hospitaliers et l’Etat haïtien donne à ce dernier « un délai de 45 jours pour répondre aux factures des hôpitaux ». Mais ce délai n’existe que sur papier pour les autorités de l’État, regrette Jean Danthon Morose, soulignant : « Certains d’entre nous ont des factures vieilles de plus d’une année dans les tiroirs de l’OFATMA. »
Aujourd’hui, ces responsables sont à bout de souffle face aux critiques et complaintes des assurés, fatigués de recevoir des services « au ralenti » alors que des frais sont prélevés mensuellement sur leurs salaires. Jean Danthon Morose dénonce l’incapacité des hôpitaux à se procurer d’intrants nécessaires à l'amélioration de cet état de fait.
Ces responsables confient avoir porté les fournisseurs à les équiper d’intrants dans des délais allant parfois jusqu’à une année. Aujourd’hui, ils risquent de ne plus pouvoir répondre à leurs dettes devant l’opiniâtreté de l’actuel directeur de l’OFATMA qui refuse d'acquitter les dettes de l’administration précédente que dirigeait l’actuel ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Max Rudolph Saint-Albin, avancent-ils. Cette dette s’élève à 260 millions de gourdes, rappellent ces responsables d’hôpitaux qui soulignent que le barème des actes médicaux n’a jamais évolué depuis 17 ans.
Réagissant à ces informations, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales Max Rudolph Saint-Albin, qui était au Parlement pour répondre à une invitation de la commission spéciale chargée d’approfondir le rapport de la commission Éthique et Anticorruption du Sénat, rappelle que les 260 millions de gourdes de dettes envers les centres hospitaliers sont un héritage de la première gestionnaire des programmes d’auto-assurance des agents de la fonction publique qui est une compagnie privée.
Celui qui vient de passer 4 ans à la tête de l’OFATMA souligne que dans le cadre de l’accord signé entre l’État haïtien et le CAOS concernant la gestion par l’OFATMA, ce programme est clair. « L’OFATMA ne s’était pas engagé à assumer les passifs du programme », c’est-à-dire, les dettes antérieures de l’Etat envers les hôpitaux.
Soulignant lui aussi que cette dette dépassait déjà 200 millions de gourdes à son arrivée à la tête de l’OFATMA dans le programme d’auto-assurance des agents de la fonction publique, Max Rudolph Saint Albin appelle le ministère de l’Économie et des Finances à faire des efforts pour honorer cette dette qui plonge « l’OFATMA et ses partenaires dans une situation critique ».
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.