Dans la livraison du rapport, il y a eu du retard. Le rapport est tellement volumineux qu'il est impossible de l'imprégner en deux jours. Mes consultants doivent avoir du temps pour l'analyser avant que je vienne en débattre dans l'assemblée. Les explications, ou encore mieux les prétextes, n'ont pas tari pour justifier le refus de la majorité Tèt kale de statuer sur le rapport. Joseph Lambert, vieux champion de la politique, allié de PHTK, y est allé de son mot. «Il nous faut au moins une douzaine de jours pour bien nous pénétrer du rapport», a-t-il soutenu, politique, tout en couvrant de fleurs les commissaires d'avoir parachevé l'enquête.

Il n'en fallait pas plus pour que Jean Renel Sénatus lui coupe la parole. Le sénateur de l'Ouest, décidé à voter le rapport ce mardi, a, voix de stentor, enquillé les scuds. «Le pays a trop de voleurs!» «Il faut sortir de ce cycle où les voleurs supportent les voleurs!» Peu suffisant pour porter à se raviser les élus progouvernementaux qui ne veulent nullement l'entendre de cette oreille. Ces derniers, sans se masquer, souvent sous le ton de la blague, ont plaidé pour un long report qui serait de nature à faire sortir l'affaire des manchettes de l'actualité. Au bout du compte, ils en sortent relativement gagnants parce que la séance, qui fait trembler les épinglés, est reprogrammée au jeudi 30 novembre.