Claude Bernard Sérant
Au cœur ça fait mal, Boulo. J’ai appris la nouvelle, le vendredi 17 novembre, dans l’après-midi, un après-midi triste qui s’ouvre sur une ville sans lumière noyée dans le black-out. Dans cette ville sombre, abandonnée, défigurée et croulant sous les immondices, j’ai repassé dans ma mémoire notre dernière rencontre. Tu étais venu à la maison avec le cinéaste haïtien Kendy Vérilus et l’ethnomusicologue américaine, la pianiste, Rebecca Dirksen, pour aller prendre un verre avec moi à l’hôtel Oloffson. Tu rayonnais de joie, n’arrêtant pas de dire « Mon ami, le disque que tu as en main, c’est du cent pour cent Boulo ». Oui. Toi qui as collaboré avec des chanteurs et musiciens de tous horizons (Réginald Policard, Lionel Benjamin, Mushy et Joël Widmaier, Philippe (Toto) Laraque, Jean Jean Laraque, Lénor Fortuné (Azor), Ralph Tamar, José Tavernier, Gérald Merceron, Eddy Prophète, Dadou Pasquet, Buyu Ambroise), tu n’as jamais pensé à produire un album solo. Toi qui as fourni un encadrement hors pair à des artistes talentueux (Émeline Michel, Tifane, Darline Desca, Beethova Obas, Alan Cavé, Tamara Suffren), tu avais trop souvent oublié de te concentrer sur toi ; tu portais avec entrain le projet des autres. Quelle générosité !






Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.