Le sénateur Youri Latortue, en tant que représentant du Parlement haïtien, a visité la Foire internationale du livre haïtien (FILHA). Il était venu le jour de la clôture de ce grand événement où lecteurs et auteurs se rencontrent dans un festin de mots. « Je viens personnellement apporter un petit cadeau aux lauréats du concours national scolaire de nouvelles », se réjouit le sénateur informé de l’exploit des douze gagnants venus de plusieurs villes du pays. « Haïti 2042, les possibles futurs », ce recueil de nouvelles publié chez C3 Éditions inspire les parlementaires. « On va encadrer les maisons d’édition. On va favoriser la production littéraire. Notre initiative va d'ailleurs dans le sens du ministère de la Culture. C’est prévu dans le budget rectificatif. On va donc encourager les efforts réalisés dans le domaine du livre en Haïti puisque tout s’apprend par les livres et les aînés. Le livre, c’est l’héritage culturel, la passation du savoir », a rappelé le sénateur Latortue.

À cette 5e édition, plusieurs écrivains ont présenté leurs livres aux journalistes et aux visiteurs curieux d'en découvrir le contenu avant de se les procurer. Le professeur Jean Yves Dorestal s’est prêté à cet exercice. « Dans Anthologie des textes philosophiques haïtiens, je présente plusieurs auteurs : Anténor Firmin, Jacques Roumain, Marcel Gilbert, Mesmin Gabriel, Max Chancy, Jean Claude, Paul Jean Claude, Karl Lévêque, Jacques Stephen Alexis sous un angle spécifique qui met en lumière la pensée philosophique de ces écrivains. Lorsque je parle d’Anténor Firmin, je parle du Firmin philosophe. Firmin est multidimensionnel. En Haïti, on ne connaît que le Firmin politique. Et un peu le Firmin anthropologue. Le Firmin philosophe est la condition pour comprendre les autres Firmin. Cet auteur se réclamait du positivisme. Ce positivisme permet de comprendre ce qu’il a fait en politique et en anthropologie. » Même aspect pour Jacques Roumain. Le professeur Dorestal tire la substantifique moelle philosophique dans des textes comme « Les Gouverneurs de la rosée », ou encore dans « La montagne ensorcelée ». Il présente un Roumain matérialiste qui pose la problématique de l’environnement à la lumière d’une réflexion philosophique. « Cette question est traitée par l’École de Francfort. Elle considère que nous dominons la nature, mais nous ne dominons pas notre domination de la nature, autrement dit nous traitons la nature comme si nous avions une nature de rechange », a souligné l’auteur de « Dans Anthologie des textes philosophiques haïtiens ».