Le docteur Jean William Pape, responsable des centres Gheskio, un sourire presqu’amusé dans la voix, a répondu au journal que « tous les Haïtiens n’ont pas le sida », fin décembre 2017, à un moment où la Maison-Blanche a démenti et qualifié d’outrageux un article du New York Times indiquant que le président Américain, Donald J. Trump, avait indiqué lors d’une réunion en juin dernier que tous les 15 000 ressortissants haïtiens entrés aux Etats-Unis en 2017 ont le sida. « Evidemment, non, tous les Haïtiens n’ont pas le Sida », soutient Jean William Pape, un des 45 experts réunis par ONU/SIDA dont la mission est d’éradiquer le sida à travers le monde. « Au contraire, je pense qu’on fait beaucoup de progrès pour réduire le taux de sida au sein de la population haïtienne. On avait des taux qui dépassaient 6,2%. L’enquête la plus récente de 2016-2017 a révélé un taux de 2 %. Ce taux est comparable à ce qu’on a à Washington DC », avance-t-il. « En fait, si l’on regarde chez les adultes, ce taux est inférieur à ce qu’on a à Washington DC. C’est clair que tous les Haïtiens n’ont pas le sida », renchérit le docteur Jean William Pape, qui n’a pas voulu commenter le contenu de l’article du New York Times démenti par les services du président Donald J. Trump.

« Pour cette déclaration concernant Haïti, la Maison-Blanche a apporté un démenti. Moi, je préfère me baser sur les faits. Je suis membre du conseil de Pepfar à Washington. On se réunit deux, trois fois l’an. J’étais agréablement surpris de voir que l’administration actuelle a reconduit, avec le support du Congrès, le budget qui existait antérieurement sous la présidence Obama », indique le docteur Jean William Pape. « Naturellement, dit-il, on est obligé de faire beaucoup plus avec moins parce qu’à l’échelle mondiale, il y a 50 % des gens qui reçoivent le traitement antirétroviral. On veut que cela arrive à 90 % et à 100% ».