Il a fait trembler ceux qui ont eu les mains trempées dans la gestion des fonds PetroCaribe. Il est même devenu la proie à abattre. Il le sait mieux que quiconque, Évalière Beauplan, trois fois sénateur de la République, dont la froideur ne semble ébranlée d'un iota. Quoique son rapport, dont le sort est des plus incertains, soit pour le moment dans les tiroirs, parce que le Sénat, dominé par une majorité d'élus PHTK, l'a voulu ainsi, l'homme ne veut pas capituler. «Le rapport ne mourra pas. C'est un travail pour la postérité. Cela dépasse le cadre des mandats des élus», croit savoir Beauplan, lavalassien dans l'âme, opposant farouche au pouvoir en place. Beauplan n'est peut-être pas le plus prolifique des hommes du Bicentenaire. Mais il reste toujours attaché à sa ligne politique, avec une conviction chevillée au corps.
Le sénateur du Nord-Ouest, le plus en vue du G4 qui cherche à troubler le sommeil du pouvoir Tèt kale, n'a point peur d'aller aux clashs. Habitué aux coups tordus du Bicentenaire, à la rudesse des combats politiques, Évalière Beauplan, couramment appelé «Beaup» par ses collègues, semble imperméable aux critiques qui mettent en avant ses accointances politiques pour discréditer le rapport, qui clament qu'il faudrait une nouvelle commission pour (ré)approfondir l'enquête. Il croit, en approfondissant l'enquête, menée préalablement sous les auspices de Youri Latortue, avoir fait œuvre utile et la postérité en jugera. L'histoire lui octroiera la place qui est la sienne. Beauplan, à la fois témoin et acteur privilégié de l'histoire récente de la très tourmentée Haïti, semble inoxydable.





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