À elle seule, la réforme entreprise par le président Jovenel Moïse au sein de notre diplomatie, transformée ces dernières années en un hallucinant repaire d’oisifs et de privilégiés sans qualités intrinsèques pour la plupart, a valeur d’exemple. D’autant que rien n’est plus frappant que cette façon de remplacer la sinécure par le savoir-faire technique, la rente ou favoritisme politique par le mérite. Réforme : le mot fait peur en Haïti. C’est le chantier choc de sa présidence sur le plan institutionnel. Elle dit mieux qu’un long discours que sa volonté n’est pas vaine. L’ambition est assumée, les signes visibles affichés. À l’évidence, qu’on réduise le nombre pléthorique (ce que le président appelle « obésité » en langage fort imagé) et, répétons-le, souvent incompétent de contractuels et de fonctionnaires dans nos missions extérieures, cela est nécessaire, mais il importe surtout que cela soit fait avec méthode et en toute transparence. C’est ce qui est en train d’être fait. Mais pour que ça marche, foin de détours. En 2010, c’est-à-dire sous l’administration de René Préval, les représentations extérieures comprenaient seulement 186 recrutés sur place et 214 diplomates (400 au total) équivalant à 1.297.078.61 dollars américains. Par la suite, une nette augmentation a été constatée au niveau du personnel externe sous l’administration de Michel Joseph Martelly et la présidence provisoire de Jocelerme Privert. Cela n’avait évidemment rien de banal ni de simple. A l’arrivée du gouvernement actuel, le nombre était de 1 003 (pour les 49 missions diplomatiques) répartis en 488 diplomates et 515 contractuels (contrats expirés le 30 septembre 2017) nécessitant environ 4.5 millions US mensuellement, alors que 300 à 350 fonctionnaires diplomatiques auraient suffi pour gérer valablement les services extérieurs. Ce qui n’ira pas, au niveau des secteurs ou groupes d’intérêt touchés, sans mécontentements ni campagne de dénigrement et de désinformation. Après les mesures de redressement prises par l’administration de Jovenel Moïse, ils sont au nombre de 368 pour les services extérieurs. Au bureau central, il y a maintenant 601 fonctionnaires : les 83 contractuels ont été renvoyés récemment. Un trou béant ! L’objectif idéal c’est d’arriver à réduire la masse salariale à 2.5 millions. Pour arriver à compresser l’effectif des missions externes, pour arriver à le réduire à moins de 500 employés et cadres, le président de la République a dû faire preuve de courage et d’endurance. Quoi qu’on pense de l’actuel président de la République, il cherche à faire bouger les choses, à répondre de manière constructive aux problèmes nationaux.

Le Ministère des Affaires étrangères et des Cultes (MAEC) n’est pas la seule institution publique qui, face à une masse salariale exponentielle et improductive, mérite d’être redressée. Il y a aussi l’EDH, l’OAVCT, l’ONA, le ministère des Affaires sociales et du Travail, le ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle, le ministère de l’Agriculture, pour ne citer que les autres cas les plus connus dont le marasme budgétaire ou financier et le mode de gestion calamiteux en ont fait des « cas spéciaux » aggravés avant l’avènement au pouvoir de Jovenel Moïse. Ce sont des dossiers toxiques à approfondir, à vulgariser, en toute rigueur. D’énormes efforts ont été déployés, suivant les grandes lignes de la vision présidentielle en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, par l’actuelle direction du Fonds d’assistance économique et sociale (FAES) pour appliquer strictement un mode de gestion propice à l’assainissement pour la promotion de l’équilibre budgétaire et la compétence technicienne. Il aurait été facile de tomber dans la chasse aux sorcières. Rien de tel ici ; le processus de redressement est la traduction d’une série de mesures dédiées essentiellement au bon fonctionnement de l’institution. L’expérience actuellement en cours à l’OAVCT a également valeur d’exemple où une bonne partie du personnel contractuel a été requalifiée et/ou réorientée avec un accompagnement approprié de l’institution.